Se souvenir et soutenir

Deux initiatives destinées à venir en aide aux sinistrés du 11 mars rapportent des témoignages très forts liés à la catastrophe.

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Sasaki Ko, Ukedo totalement dévasté par le tsunami. Le site se situe à 8 kilomètres de la centrale de Fukushima. © Sasaki Ko

Bientôt trois mois que le séisme le plus violent jamais enregistré au Japon et le tsunami le plus meurtrier ont ravagé le nord-est du pays, laissant derrière eux plus de vingt mille victimes et un chaos indescriptible. La catastrophe a suscité une immense émotion à travers le monde. On a vu naître un peu partout des initiatives en faveur des sinistrés afin de réunir des fonds utiles à la reconstruction. Des maisons de disques ont mis en vente des compilations “pour le Japon”, des danseurs étoiles se sont réunis pour manifester leur solidarité “avec le Japon”, des musiciens ont fédéré leurs talents “en faveur du Japon”. On pourrait multiplier les exemples de ces mobilisations. Elles ont permis de souligner la ferveur qui s’est emparée de la planète au lendemain du tremblement de terre dévastateur. Et on ne peut que s’en féliciter. Parmi tous les projets imaginés, il y en a deux qui ont retenu notre attention, car ils s’inscrivent dans une démarche plus large que la simple collecte de fonds.
Lancé par l’éditeur japonais Kôdansha, 3/11 Tsunami Photo Project – Photograhers for Japan a pour vocation première de témoigner de l’ampleur du désastre, en confiant à plusieurs grands noms de la photographie la tâche de rapporter des images saisies dans les régions frappées par le séisme. Les Japonais Fukada Shiho, Sasaki Ko, le Néerlandais Pieter Ten Hoopen ou encore les Américains Paula Bronstein et David Guttenfelder figurent parmi les quatorze photographes sollicités. Non seulement ils ont rapporté des clichés particulièrement forts, mais ils ont aussi voulu transmettre aux populations touchées par le séisme  des messages très touchants. L’autre caractéristique de ce projet éditorial original est son moyen de diffusion. Plutôt que d’éditer un ouvrage, Kôdansha a imaginé de le distribuer via iTunes afin que les propriétaires d’iPhones ou d’iPads se le procurent facilement et pour un prix modique (0,79 euro).
La seconde initiative qui mérite aussi d’être relevée et encouragée est également distribuée de façon électronique. Il s’agit de 2:46 Aftershocks : Stories from the Japan earthquake, plus connu sous le nom de Quakebook. L’idée de réunir des témoignages de l’après-séisme a été lancée sur Twitter le 18 mars, une semaine après la catastrophe, des centaines de personnes y ont répondu, apportant chacun à leur manière (textes, photos, vidéo) des histoires fortes. Le 12 avril, une version pour Kindle disponible sur le site Amazon.com a été lancée, en attendant l’édition papier bilingue (anglais-japonais) qui sera en vente le 14 juin sur le site Amazon.co.jp.  Deux initiatives originales qui permettent de prendre conscience des conséquences induites par le désastre du 11 mars 2011.
Gabriel Bernard

Références :
3/11 Tsunami Photo Project www.kodansha.co.jp/english/311/
Quakebook http://www.amazon.co.jp/dp/4876152373/