Kimchi ou la cuisine sans frontières

Depuis son ouverture, ce restaurant coréen très fréquenté par une clientèle de connaisseurs nippons, fait l’unanimité.

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La lithographie offerte par le peintre Lee Ungno ©Ozawa Kimie

On ne se rend pas chez Kimchi par hasard. Ce restaurant coréen tenu pat le chef Kageyama Naomi et implanté dans la petite rue de Louvois, perpendiculaire à la très fréquentée rue Sainte-Anne est un endroit pas tout à fait comme les autres, ne serait-ce qu’en raison de son . Ouvert il y a près de 30 ans par Lee Hisse, neveu du grand peintre coréen Lee Ungno, qui s’était lui-même installé en Europe, Kimchi doit son nom au fameux chou mariné dans l’ail et le piment que les Coréens mangent en abondance et qui symbolisaient pour M. Lee la nation coréenne. Comme son oncle, il refusait la division de la péninsule et voulait au travers de son restaurant militer en faveur d’une Corée réunifiée. En 1967, le peintre est enlevé à Paris par les services secrets sud-coréens et envoyé à Séoul où il est jugé pour subversion. Condamné à deux ans de prison, il revient ensuite en Europe et retrouve son neveu qui, lui, n’a pas abandonné l’idée de voir un jour les deux Corée ne faire plus qu’une. Un idéal que les deux hommes ont en commun. Lee Ungno offrira une lithographie au restaurant, tandis qu’il travaille sur une œuvre commandée par les Gobelins. Elle orne toujours le restaurant même si M. Lee en a cédé la direction en 1999 à Kageyama Naomi lorsqu’il a pris sa retraite. Ce dernier, venu en France parce qu’il s’intéressait depuis longtemps à la cuisine occidentale, a été impressionné par ce désir de rassembler autour de la cuisine. C’est à ses yeux un excellent moyen de transcender les différences. La présence de nombreux Coréens en France et de Japonais d’origine coréenne lui garantit une fréquentation constante, car la clientèle est aussi sensible à l’atmosphère conviviale qui règne dans cette petite salle. Les habitués sont nombreux. Ils viennent bien sûr parce qu’ils connaissent en partie l’ du lieu, mais aussi parce qu’ils en apprécient la cuisine et les prix raisonnables qui y sont pratiqués. Le midi, le menu à 10,80€ est des plus abordables dans le quartier. Kageyama Naomi y sert bien sûr des incontournables de la cuisine coréenne comme le Yukhé (steack tartare coréen), Goune Mandou (raviolis grillés), Japtché (vermicelle aux légumes et au bœuf) ou encore Yukéjan (soupe épicée à base de viande et de légumes). Il propose également des poissons et des viandes grillés qui n’appartiennent pas proprement dit à la coréenne. Mais il s’agit pour lui, comme le voulait son prédécesseur, d’éliminer les barrières y compris culinaires pour que les gens se retrouvent ensemble. Vous comprenez pourquoi on ne se rend jamais chez Kimchi par hasard.
Gabriel Bernard

Pratique pour s’y rendre :
5, rue de Louvois 75002 Paris.
Tél. 01 42 96 55 76 – 12h-14h et 19h-22h.
Fermé le dimanche.