Kintarô, une belle affaire de famille

Depuis près de cinquante ans, le nom des Yoshikawa est associé à la cuisine japonaise dans la capitale française.

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Yoshikawa Ken et sa compagne © Ozawa Kimie

D ans le secteur de la restauration et de l’épicerie japonaise en France, les Yoshikawa font figure de pionnier.  Le grand-père avait fondé dans les années 1960 une société d’import-export spécialisée dans l’alimentation japonaise avant d’ouvrir, en 1972, la première épicerie japonaise de Paris qu’il avait baptisée du prénom de sa femme Kioko. Implantée initialement rue Saint-Jacques à proximité du Panthéon, la boutique a finalement été transférée dans le quartier de l’Opéra à la fin des années 1980, dans cette partie de la capitale où se concentraient alors la plupart des restaurants japonais. Succédant à son père, Noboru, arrivé en France à l’âge de 28 ans, a pris la suite et donné une nouvelle dimension à l’entreprise familiale. Sa rencontre avec Kiyomi qui travaillait chez Kioko lui donne deux fils, Jun et Ken, qui vont grandir dans cette atmosphère où la gastronomie est un sujet d’intérêt quotidien. Il n’est donc pas étonnant que Jun ait rejoint le restaurant Naniwaya tenu par sa tante et que Ken ait décidé de reprendre, en 2007, les restaurants You situé rue Sainte-Anne et Kintarô implanté, depuis 1990, rue Saint-Augustin. Le premier est un classique de la cuisine japonaise avec ses spécialités de poisson cru dont le rapport qualité-prix vaut le détour. Le second sert des râmen, udon et autres soba dont les Français sont devenus de grands fans ces dernières années. Aujourd’hui, pas facile de trouver une place chez Kintarô d’autant que les Français qui représentent désormais 90 % des clients ont tendance à prendre le temps de digérer, ce qui tranche avec les Japonais qui n’ont pas pour habitude de s’attarder à table une fois leur bol de nouilles avalé. Pour s’adapter à cette façon de vivre, le restaurateur a ouvert un nouvel espace avec 40 places pour permettre aux amateurs de savourer cette cuisine populaire typiquement japonaise. Avec des prix situés entre 8 et 11 euros pour les plats de nouilles, Kintarô ne désemplit pas alors qu’il est un peu à l’écart de ses concurrents de la rue Sainte-Anne. Ce succès, il le doit aussi à la bonne qualité de ses produits et à l’accueil chaleureux de son personnel international composé de 18 personnes dont 8 Japonais et 4 Portugais. L’idée est de faire de Kintarô un restaurant ouvert en continu 7 jours sur 7 afin de satisfaire une demande croissante tout en conservant le principe d’une cuisine simple mais de qualité à des prix abordables. Il rejoint ainsi l’idée défendu par son grand-père qui voulait, lorsqu’il avait ouvert son épicerie, permettre aux Français de découvrir et apprécier la gastronomie venue du pays du Soleil-levant. Avec de telles idées en tête, les Yoshikawa n’ont pas fini de régner sur la cuisine nippone à Paris.
Ozawa Kimie

Pratique pour s’y rendre :
24 rue Saint-Augustin 75002 Paris
Tél. 01 47 42 13 14 – De 11h30 à 22h. Fermé le dimanche.