Expressions littéraires

Le romancier Furukawa Hideo et les poètes Suga Keijirô et Ishida Mizuho racontent le Japon de l’après 11 mars.

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“On pourrait dire que j’aime lire de tout mon corps”, explique Furukawa Hideo. ©Asaoka Eisuke

Au printemps dernier, Furukawa Hideo nous avait expliqué l’importance que revêtait pour lui la lecture en public de ses œuvres. “En un sens, on pourrait dire que j’aime lire de tout mon corps. Un point intéressant concerne mes lectures à l’étranger. Les gens comprennent ce que j’essaie d’exprimer, bien que, je lise en japonais. J’aime aussi aller à la rencontre des lecteurs. La lecture est une expérience éminemment solitaire, mais lorsque je lis devant 50 ou 100 personnes, nous « vivons » tous ensemble le livre en même temps. Je trouve que c’est une expérience très forte. Et en réfléchissant bien, dans le passé, la littérature était quelque chose qui se lisait en public. On peut donc dire que je me réclame de cette tradition. Je trouve que la littérature contemporaine est devenue si sophistiquée qu’elle a perdu une partie de sa force. Je veux retrouver son énergie primitive”, nous expliquait-il avec force.
Accompagné des poètes Suga Keijirô et Ishida Mizuho, le romancier va faire la démonstration de cette envie d’exprimer physiquement ses écrits lors de rencontres qui se dérouleront en France et en Grande-Bretagne. Elles visent à raconter les conséquences du séisme du 11 mars 2011 tant sur le plan des hommes que de la nature. L’accident de Fukushima Dai-ichi et ses effets sur le quotidien des personnes déjà sinistrées sont aussi des thèmes que les trois écrivains vont aborder pendant ces rencontres avec le public français et anglais. C’est aussi un questionnement sur l’avenir auquel ils vont se livrer. “Evidemment je souhaite que la région du Tôhoku soit secourue, que ses habitants soient aidés pour de vrai et que le gouvernement s’attaque au danger réel que représente l’énergie nucléaire. Une des conséquences principales du 11 mars est de nous avoir rapprochés et obligés à faire face à la même réalité alors qu’avant le séisme, chacun vivait de son côté”, nous avait confié Furukawa Hideo qui est né à Fukushima.
Depuis la traduction de Alors Belka, tu n’aboies plus ?, la notoriété de Furukawa Hideo au-delà des frontières de l’archipel n’est plus à faire. Ce n’est peut-être pas encore le cas de ses deux acolytes, mais Suga Keijirô et Ishida Mizuho vont assurément marquer les esprits du public. Les deux poètes récompensés par plusieurs prix littéraires au Japon ont une présence et une qualité littéraire tout aussi forte que l’énergique Furukawa qui, lorsqu’il était plus jeune, s’était investi dans le théâtre. Autant de bonnes raisons pour ne pas manquer ce moment unique. Et pour ne pas le rater, pensez à réserver vos places !
Odaira Namihei

Pratique :
Samedi 1er mars – 16h-18h30
Office de Tourisme et des Congrès de Rouen
www.rouentourisme.com
Gratuit dans la limite des places disponibles
Mercredi 5 mars – 19h-21h
Maison du Japon – http://maisondujapon.org
Gratuit dans la limite des places disponibles
Jeudi 6 mars – 14h30-16h et 16h30-17h30
Université de Lille III – www.univ-lille3.fr
Rencontre avec les étudiants
Vendredi 7 mars – 19h-21h
Espace Japon – www.espacejapon.com
Entrée : 5€
Réservation : invisiblewaves2014@gmail.com