Escapade : Week-end nippon à Stockholm

Zoom Japon vous propose de partir à la découverte du Japon en Europe. Première étape en Scandinavie.

Comme au Japon, il est de mise de porter le yukata pendant son séjour à Yasuragi. ©Yasuragi
Comme au Japon, il est de mise de porter le yukata pendant son séjour à Yasuragi. ©Yasuragi

S’il y a bien un pays en Europe qui ressemble au Japon, c’est bien la Suède. Non seulement les Suédois entretiennent un rapport à la nature qui rappelle celui des Japonais, mais le fameux design made in Sweden ne manque pas de rappeler celui qui est produit au Japon. Au travail des potiers japonais répond celui des maîtres verriers suédois qui, comme les artisans de l’archipel, veillent avec une approche quasi religieuse à ce que la tradition soit entretenue et perpétuée. Est-ce pour cette raison que l’on a assisté au mariage de Sony et Ericsson il y a quelques années dans le domaine de la téléphonie ou que les autorités japonaises s’intéressent de près au modèle social suédois pour trouver des idées dans la gestion du vieillissement de leur population. Lorsqu’on passe un peu de temps en Suède, les points communs avec le Japon apparaissent de façon évidente. Et c’est peut-être encore plus évident ces dernières années, depuis que la culture japonaise, comme dans d’autres contrées du vieux continent, suscite un intérêt soutenu chez les Suédois. Bien qu’à la différence de la France, du Royaume-Uni ou encore de l’Italie, les trois pays dans lesquels Zoom Japon dispose d’une édition locale, la Suède n’a pas connu le même engouement pour le manga ou l’anime, l’éditeur Bonnier en partenariat avec le norvégien Schibsted avaient lancé, en 2003, une version suédoise de Shônen Jump, le principal magazine de prépublication. Un pari audacieux pour un marché plutôt limité au regard de la population qui s’élève à quelque 9 millions de personnes, confirme Simon Lundström, l‘un des fondateurs en 1992 de Mangakai, le plus ancien réseau d’amateurs de mangas suédois. Outre cette publication, les deux partenaires ont édité deux autres magazines : Manga mania et Shojo Stars. L’aventure n’a duré que 5 ans, mais elle a participé à l’attirance des Suédois pour le Japon et sa culture.
Elle se manifeste aujourd’hui d’autres manières. L’une des plus étonnantes s’appelle Yasuragi. Situé à une vingtaine de minutes du centre de Stockholm, dans la baie de Höggarnsfjärden, cet établissement est le plus grand ryokan (auberge japonaise) en dehors du Japon. L’élégant bâtiment dessiné par l’architecte japonais Kasajima Yôji n’avait pourtant pas été conçu pour cela. Au royaume de la social-démocratie, il avait été commandé par LO, la principale organisation syndicale, pour en faire un centre de conférence. Mais avec la crise économique et l’affaiblissement de sa base, le syndicat a décidé de s’en séparer. Sous l’impulsion de Lena Tryggstad, inspirée par le Japon et son mode de vie, le lieu fut transformé en hôtel de style japonais en 1997 avec l’introduction de bains. Passé en 2006 dans le giron du groupe Nordic Choice Hotels, l’un des plus importants hôteliers de Scandinavie, Yasuragi a poursuivi sa mutation qui lui permet aujourd’hui de revendiquer son statut de ryokan. L’aménagement des chambres rappelle celles que l’on rencontre dans les meilleures auberges du pays avec leurs baignoires en bois. La culture du yukata, ce kimono léger en coton, que l’on enfile pour déambuler dans les lieux lorsqu’on se trouve dans l’archipel, est également bien ancrée à Yasuragi. Les clients peuvent d’ailleurs le garder et l’emporter chez eux. “Depuis que nous avons ouvert, nous en avons écoulé près d’un million”, confie Kersti Olophsdotter en charge de la communication. “Il y a peu longtemps, je me suis amusée de voir un haut responsable de l’armée suédoise interviewé chez lui qui portait notre yukata”, ajoute-t-elle.

Pour s’y rendre
Le plus simple est de prendre l’avion. Il faut compter environ 2h30 de vol. Au départ de Paris et de Nice, Air France et SAS assurent plusieurs vols par jour. La compagnie low-cost Ryanair assure un vol un jour sur deux au départ de Beauvais. Un billet coûte entre 50 € pour un low-cost et 200 € pour un vol régulier.