Sur les traces d’Ueda Shôji

La meilleure spécialiste française du célèbre photographe de nous permet de découvrir l’univers qui a nourri son œuvre.

Domon Ken et Asakura, 1949. © Ueda Shôji
Domon Ken et Asakura, 1949. © Ueda Shôji

Sakaiminato, petite ville côtière située à la pointe de la péninsule Yumigahama dans la préfecture de Tottori (voir Zoom Japon n°3, septembre 2010), est un des principaux ports de pêche de la mer du Japon. La première impression est pourtant celle d’une petite ville où règne un calme presque inquiétant, avec ses rues sans passants et ses parkings vides. Moins touristique que Yonago, ville thermale voisine, celui qui s’y aventure aujourd’hui pense arriver au bout du monde et doit savoir ce qu’il cherche. Berceau de Mizuki Shigeru, célèbre auteur de mangas des années 60, c’est aussi ici que naît Ueda Shôji en 1913. Fils d’artisan – son père, Tsunejurô fabrique des socques traditionnelles en bois (geta) – il est fils unique. Alors qu’il est passionné de peinture et de poésie et se rêve très tôt artiste, ses parents l’orientent vers la . Cet “ moderne” présente, selon eux, l’avantage d’être une forme d’artisanat qui a des chances de faire vivre celui qui le pratique. En guise de consolation et d’encouragement, le jeune Ueda reçoit son premier appareil photo, un Vest-Pocket Kodak, véritable luxe pour l’époque. Il suit les cours de l’Université de Yonago, tout en pratiquant de plus en plus régulièrement la photographie, à une époque où les clubs d’amateurs se multiplient. En 1932, il part étudier à l’Ecole orientale de Photographie de Tôkyô. De retour à Sakaiminato au bout d’un an, avec son diplôme en poche, il ouvre son premier studio. Dès lors, Ueda conjugue son activité commerciale avec ses travaux personnels.