Défi Rasta Rockett, version japonaise

Shitamachi Bobsleigh Project

Ils ont alors emprunté un vieux bobsleigh fabriqué en Allemagne et l’ont démonté pour voir comment il avait été fabriqué. Ils ont découvert qu’il fallait environ150 pièces différentes. M. HOSOGAI a rassemblé un groupe de patrons de l’arrondissement et leur a demandé de se joindre au projet. “C’était en 2011. Malheureusement, à cause de Fukushima et de tout ce qui a suivi, nous n’avons pas vraiment fait de progrès au cours de la première année”, se souvient-il. “Les choses ont commencé à bouger en novembre 2011 quand une dizaine d’entreprises se sont réunies pour décider quoi faire. Ensuite, en mai 2012, nous avons organisé une conférence de presse et nous avons été surpris par le nombre de journalistes présents. Le lendemain, les premières pages de nombreux journaux étaient consacrées à notre défi.”
D’autres entreprises les ont rejointes, à tel point que maintenant le comité se compose d’une centaine de machikôba. Chaque entreprise a la responsabilité d’une partie du bobsleigh, en fonction de sa spécialité. Matérial Co., par exemple, est en charge de l’aluminium tandis que chez Showa SS Co., Ltd, ils s’appuient sur leur technique pour produire des éléments métalliques liés au contrôle des matériaux. Une autre société membre de la SBP, Kamijima Netsushori Co., Ltd. utilise un processus de chauffage et de refroidissement du métal grâce auquel ils améliorent ses propriétés inhérentes, ce qui le rend beaucoup plus solide et plus durable. Comme toutes les entreprises sont situées dans le quartier et sont très proches les unes des autres, chaque fois qu’elles ont rencontré un problème, elles ont été en mesure de mettre leurs compétences en commun et de le résoudre en peu de temps. “Je pense qu’au début, beaucoup de gens avaient peur de partager leur technologie”, confie Hosogai Shun’ichi. “Ils ont également pensé qu’il n’y aurait aucun avantage financier à en tirer. Mais en définitive, grâce à une coopération de grande envergure, nous sommes en mesure de défier le monde.”
Au bout du compte, les 150 pièces nécessaires à la construction du bobsleigh ont été achevées en seulement 10 jours. On dit qu’elles sont meilleures que les pièces allemandes utilisées comme source d’inspiration parce qu’elles ont été façonnées à partir de pièces d’acier d’un seul tenant au lieu d’être soudées à partir de pièces séparées. Le coût du premier prototype s’est élevé à 18 millions de yens, dont 10 millions provenaient de l’arrondissement d’Ôta. Le reste étant fourni par l’entreprise de M. Hosogai.
Celui-ci est très satisfait de la publicité générée par le SBP. Selon lui, on pense que les machikôba appartiennent à l’industrie manufacturière, mais à son avis, elles devraient se considérer comme faisant partie du secteur des services. “Lorsque vous réfléchissez bien, vous pouvez avoir la meilleure technologie possible, mais si vous ne trouvez pas quelqu’un réellement intéressé par ce que vous faites, vous ne pouvez pas faire d’affaires”, dit-il. “Il y a un dicton selon lequel la puissance technologique en soi n’apporte pas d’argent. En effet, la promotion est un moyen essentiel de faire connaître le savoir-faire technologique d’une entreprise. Sans une bonne promotion, vous n’arriverez pas à grand chose. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous nous sommes embarqués dans ce projet.”