Souvenir : En 1967, Japon rimait avec 007

Cinquante ans après sa sortie, On ne vit que deux fois n’a pas pris une ride. Il offre quelques instantanés du pays à l’époque.

Pas facile de faire passer Sean Connery alias 007 pour un Japonais. / DR

Juin 1967 a été un moment particulièrement chaud et troublé. Les gens ont découvert avec étonnement qu’Israël avait vaincu l’Egypte, la Syrie et la Jordanie pendant la guerre des Six jours, que la Chine a testé sa première bombe à hydrogène et que des manifestations à Berlin-Ouest contre la visite du Shah d’Iran avaient causé d’énormes manifestations et la mort d’un étudiant par la police. Heureusement, les Beattles avaient tenté de rassurer le monde en lui rappelant, grâce à la télévision par satellite, qu’il avait besoin d’amour avec leur chanson All you need is love. Mais si on voulait vraiment échapper aux problèmes internationaux, le plus simple était de se réfugier dans un cinéma pour y regarder le dernier film de James Bond On ne vit que deux fois.
En 1967, James Bond est à son meilleur niveau. Les quatre premiers films avaient été si réussis et influents qu’ils avaient contribué à créer toute une industrie du cinéma d’espionnage, avec notamment des séries télévisées comme Des agents très spéciaux, Mission impossible, Chapeau melon et bottes de cuir et Le Saint avec le regretté Roger Moore qui incarnera aussi 007. Il était donc normal que l’annonce du dynamique duo de producteurs, Harry Saltzman et Albert Broccoli, d’une nouvelle aventure de 007 en 1966, déclenche l’enthousiasme des fans et de la presse. Et comme les histoires de Ian Fleming ont toujours été un mélange d’érotisme et de violence à sang froid se déroulant dans des lieux exotiques, quel meilleur endroit pour tourner un James Bond dans le lieu le plus exotique du moment : le Japon.
Comme les films de 007, le pays des arts martiaux et des geishas souriantes avait la cote à l’époque. Les Jeux olympiques de Tôkyô en 1964 avaient remis le Japon sur la carte du monde, mettant en avant son intrigant mélange de tradition raffinée et de technologie de pointe. Le pays avait beaucoup à offrir (le roman original de Fleming consacre même plusieurs pages à la culture japonaise) à tel point que, contrairement à la plupart des autres longs métrages de la série qui mettaient en vedette divers endroits dans le monde, les producteurs ont décidé de tourner presque tout le film dans l’archipel.