Culture pop : Impossible d’y échapper

Les yôkai, les monstres et autres personnages fantastiques sont très présents dans l’univers culturel nippon.

Pompoko (Heisei tanuki gassen ponpoko, 1994) met en scène des tanuki défenseurs de la nature.

Lorsque Yo-kai Watch est apparu, en 2013, pour la première fois sur le marché japonais des jeux de rôle, son succès a été plutôt modéré. Mais le développeur de jeux Level-5, célèbre en Occident pour sa série consacrée au professeur Layton, savait qu’il avait entre ses mains une idée potentiellement géniale. Aussi en exploitant la puissance du cross-media (ou mix media comme on l’appelle au Japon) par la succession rapide d’une série de manga, d’anime, de jouets et de longs métrages, l’entreprise a fait de ce jeu un best-seller (plus de six millions d’exemplaires vendus) et transformé la franchise en un véritable phénomène culturel.
Le succès de Yo-kai Watch illustre une nouvelle fois l’intérêt des Japonais pour les monstres traditionnels, les fantômes et autres esprits. Il existe de nombreux jeux vidéo dans lesquels on retrouve des personnages surnaturels. Dans La Légende de Zelda : Majora Mask, par exemple, on présente l’aka manto [cape rouge]. Alors que dans la légende urbaine originale il s’agit d’un esprit malveillant qui tue les gens dans les toilettes, celui qui apparaît dans le jeu offre juste des récompenses à quiconque lui donnera du papier toilette. L’un des monstres présents dans les jeux vidéo les plus effrayants est l’amanojaku qui, selon le folklore japonais, incite les gens à faire de mauvaises actions contre leur volonté. Dans Shin Megami Tensei, cependant, il va un peu plus loin et dévore la mère avant d’endosser sa peau. Mais tous les jeux comportant des yôkai ne présentent pas nécessairement leur mauvais côté. Pensez, par exemple, au costume de tanuki [raton-laveur] dans Super Mario Bros. 3 qui permet à Mario et Luigi de voler ou de se transformer en statue.
Yo-kai Watch de Level-5 essaie actuellement de suivre les traces d’une autre franchise inspirée des yôkai qui a réussi à conquérir les marchés étrangers. Il s’agit bien sûr de Pokémon dont le succès reste jusqu’à présent inégalé. De leur côté, les créateurs de Yo-kai Watch ajoutent inlassablement de nouveaux yôkai à la distribution déjà impressionnante de l’histoire. Il y en a plus de 400 actuellement, ce qui représente moins de la moitié de la puissante armée des fameux Pocket Monsters.
Les personnages inspirés par des yôkai et les yôkai eux-mêmes se retrouvent un peu partout dans la culture populaire japonaise, même s’ils peuvent être difficiles à reconnaître à moins d’être familier avec la mythologie japonaise, la culture et la religion traditionnelles.