Destin : Tezuka Osamu le précurseur

Portrait de Tezuka Osamu au milieu de statuettes d’Astro le petit robot, l’un de ses personnages fétiches. Dans les locaux de Tezuka Productions à Saitama, au nord de la capitale. / Benjamin Parks pour Zoom Japon

Le festival d’Angoulême consacre une exposition exceptionnelle au mangaka. Nous avons rencontré l’un de ses proches.

Peu de personnes en dehors du Japon ont connu Tezuka Osamu aussi bien que Frederik L. Scholdt. Non seulement il a écrit le premier livre en anglais sur la bande dessinée japonaise (Manga Manga!: The World of Japanese Comics, Kodansha international, 1983), mais il a aussi été l’interprète de Tezuka et son ami personnel. Récemment, il a traduit Osamu Tezuka (publié en France chez Casterman) l’impressionnante biographie consacrée au père du manga moderne et signée par Ban Toshio et Tezuka Productions.
Comme Frederik L. Scholdt l’a raconté à Zoom Japon (n° 72), il appartenait, dans les années 1970, à un groupe qui voulait traduire et introduire le manga dans le monde occidental. Leur projet l’a amené à rencontrer Tezuka dont il était déjà un grand fan. Cette rencontre a changé sa vie. Il a ensuite collaboré avec l’artiste comme interprète et consultant. “En 1977, j’ai commencé à travailler comme traducteur professionnel. A peu près à la même époque, j’ai rejoint trois amis – Jared Cook, Sakamoto Shinji et Ueda Midori – pour former le groupe Dadakai dont le but était de traduire des mangas”, raconte-t-il. “Au Japon, c’était considéré comme une idée assez osée parce que la plupart des gens pensaient que les étrangers ne s’intéresseraient jamais à ce que faisaient les artistes de manga. Nous étions jeunes et naïfs et avons commencé au sommet, en prenant contact avec Tezuka Osamu et quelques autres artistes pour leur demander la permission de traduire leurs œuvres.”
La candeur des quatre amis a joué en leur faveur puisque Tezuka Productions les a invités à discuter du sujet. “Nous sommes allés à ses bureaux et Tezuka lui-même a soudainement fait son apparition pendant que nous parlions à son manager. Il était très gentil. Il voulait savoir pourquoi nous étions intéressés par les mangas. Quoi qu’il en soit, nous avons donné à Tezuka Productions les cinq premiers volumes de Phénix, l’oiseau de feu que nous avions traduits … et ils les ont gardés pendant 25 ans jusqu’à ce qu’ils soient finalement publiés en 2002 par la société américaine Viz Media. Voilà comment nous avons commencé. C’était fondamentalement ma première traduction de manga.”