Presse : Cette voix du Nord qui résonne

Le Hokkaidô Shimbun est le premier quotidien de l’île septentrionale. Une place de leader qu’il sait cultiver.

Les journalistes du Hokkaidô Shimbun sont recrutés sur concours parmi les plus difficiles de la profession. / Gabriel Bernard pour Zoom Japon

Implanté au cœur de Sapporo, la principale cité et centre politique de l’île, le bâtiment du Hokkaidô Shimbun, plus connu sous le sobriquet Dôshin, ne se distingue pas par son architecture originale. De loin, il ressemble à n’importe quel immeuble de bureaux. Seuls les 7 idéogrammes qui forment le nom de l’entreprise permettent de savoir qu’on se trouve devant le principal quotidien de l’île éponyme, une institution dont le rayonnement est national et qui suscite le respect dans le milieu de la presse japonaise. Fort de ses 130 années d’existence, le journal a réussi à tenir tête aux grands titres nationaux – Yomiuri Shimbun, Asahi Shimbun, Mainichi Shimbun, Nihon Keizai Shimbun – en conservant plus de 71 % du marché local avec plus d’un million d’exemplaires diffusés pour son édition du matin (chôkan) et plus de 450 000 exemplaires pour celle de l’après-midi (yûkan). “Nous sommes très fiers d’avoir une diffusion 2,5 fois supérieure aux autres”, nous déclare Nueno Takaharu en charge de la communication du titre. “Même si nous enregistrons une baisse de nos ventes comme les autres journaux, nous sommes parvenus à maintenir notre avance sur nos concurrents”. Pour cela, le Hokkaidô Shimbun s’appuie sur un réseau très dense de bureaux locaux qui lui permet d’offrir un contenu riche et capable de répondre aux attentes d’un lectorat réparti sur un très vaste territoire. Les huit succursales régionales (Hakodate, Muroran, Otaru, Tomakomai, Asahikawa, Kitami, Kushiro et Obihiro) comprenant 10 à 20 personnes et les 39 bureaux locaux avec 2 à 3 journalistes forment un maillage très serré grâce auquel rien n’échappe à la sagacité des équipes éditoriales. Cela favorise l’existence d’un lien très fort entre les lecteurs et leur journal puisque plus de 60 % d’entre eux y sont abonnés depuis plus de 20 ans.