Futur : Un désir d’ouverture au monde

Après un premier film réussi, Morigaki Yukihiro entend bien poursuivre sur sa voie et imposer son style.

Morigaki Yukihiro est un tout jeune cinéaste, mais il sait déjà ce qu’il veut. / Benjamin Parks pour Zoom Japon

Issu de l’univers de la publicité, le cinéaste débutant a prouvé qu’il disposait d’une grande marge de progression. Son parcours professionnel et ses origines ont contribué à lui forger un caractère bien tranché.

Votre parcours vers la réalisation de longs métrages a traversé d’autres univers visuels, en particulier la publicité.
Morigaki Yukihiro : Ma vie a pris une tournure inattendue puisqu’adolescent j’étais pris par le sport. J’ai fait de l’athlétisme jusqu’à l’âge de 18 ans. J’étais plutôt bon, mais je ne pensais pas pouvoir en vivre. J’ai donc refusé la bourse qu’une université m’offrait. C’est à cette période, quand je réfléchissais à mon avenir, que j’ai commencé à fréquenter un magasin de location de vidéos près de chez moi. J’ai regardé tous les titres recommandés par le patron de la boutique, un film par jour, et j’ai remarqué que les films avaient le pouvoir d’affecter mon humeur. Je pouvais être déprimé ou inquiet quant à mon avenir, mais après avoir regardé un film, j’avais un moral d’acier. Au début, c’était un sentiment plutôt vague, mais peu à peu je me suis convaincu que le cinéma était fait pour moi.

Et comment avez-vous fini par faire des publicités télévisées ?
M. Y. : Je voulais entrer dans une université d’art, mais mes parents y étaient opposés. Ces établissements sont très coûteux, et à Hiroshima, ma ville, il n’y en avait pas. J’aurais donc dû déménager à Ôsaka ou à Tôkyô. Ma mère disait que seules des personnes célèbres comme Kitano Takeshi étaient capables d’en vivre. Je suis donc resté à la maison et suis allé à l’Institut de technologie de Hiroshima. Dans le même temps, j’ai commencé à m’investir seul dans les médias visuels, en tâtonnant. J’ai même rejoint un groupe de théâtre parce que je pensais que je devais aussi apprendre à jouer.

L’année dernière, vous avez débuté en tant que réalisateur avec Ojîchan, Shinjattatte (Goodbye, Grandpa) dans lequel le protagoniste a un complexe : celui de vivre dans la campagne profonde, dans le sud du Japon, tandis que son jeune frère a déménagé à Tôkyô. Avez-vous souffert du même complexe ?
M. Y. : On peut dire ça. Quand j’étais adolescent, j’étais à la fois attiré et effrayé par l’idée de déménager à Tôkyô. Maintenant, vous pouvez trouver toutes les informations que vous voulez sur Internet, mais quand j’étais au lycée, Tôkyô était cette métropole énorme avec toutes ces lignes de train, et des millions de personnes partout. C’était l’endroit où tout le monde portait des vêtements tendance, la ville où vivaient mes idoles et mes acteurs préférés.