Tendance : Celui qui n’a pas froid aux yeux

Après avoir travaillé sous les ordres du génial Wakamatsu Kôji, Shiraishi Kazuya maîtrise parfaitement ses envies.

Shiraishi Kazuya nourrit des espoirs avec l’avènement de nouveaux acteurs comme Netflix. / John Lander pour Zoom Japon

Fort de sa longue expérience télévisuelle, Shiraishi Kazuya a réussi à créer des œuvres qui ont pour vocation de redonner au cinéma nippon sa fraîcheur d’antan.

Quand avez-vous décidé de devenir cinéaste ?
Shiraishi Kazuya : Autour de mes 20 ans. J’ai toujours aimé le cinéma. J’ai commencé des études dans ce sens. Puis j’ai entendu parler d’un atelier de cinéma où Wakamatsu Kôji enseignait environ deux fois par an. Il était à la recherche d’un assistant et je me suis présenté. À l’époque, il venait de sortir Endless Waltz (1995) et réalisait principalement des DTV, ces films destinés seulement à la vente, comme Ashita naki machikado [Un Coin de rue sans lendemain, 1997]. Il ne doit pas rester grand chose de cette période.

Comment ça s’est passé avec Wakamatsu ?
S. K. : C’était excitant. Je me faisais souvent enguirlander, mais c’était amusant.

Et vous ? Êtes-vous strict sur le plateau ?
S. K. : Nous sommes tous des professionnels et je veux tirer le meilleur parti de tout le monde, qu’il s’agisse des acteurs ou de l’équipe technique. Le cinéma japonais a une longue histoire de harcèlement et d’intimidation, mais j’y suis totalement opposé. Je n’élève donc jamais la voix, même quand je suis contrarié, et j’essaie autant que possible de créer une bonne ambiance sur le plateau.

L’un de vos derniers films, Mesunekotachi (Dawn of the Felines, 2017), fait partie du projet Roman Porno Reboot lancé par la Nikkatsu. Avez-vous été inspiré par votre collaboration avec Wakamatsu pour ce film ?
S. K. : Pas directement, dans la mesure où, quand je travaillais avec lui, il ne faisait plus de films de ce genre. Cependant, j’ai beaucoup appris de lui et j’étais fan du pinku eiga des années 1960. Je suppose donc que j’ai été influencé par lui.