Gifu, l’appel du renard

Le torii marque la séparation entre notre monde et celui de la divinité. / Koga Ritsuko pour Zoom Japon

Dans ce lieu riche d’histoire et de traditions, vous rencontrerez un Japon simple et authentique.

Il y a des adresses que l’on ne veut garder que pour soi. Mais si leur destin est d’être populaire, on souhaite être le premier à les dévoiler au grand public. C’est le cas de ma destination incontournable où je me rends chaque fois que je rentre au pays. Je crains d’y voir débarquer en masse des touristes comme au Fushimi Inari Taisha à Kyôto qui attire quotidiennement autant de touristes qu’il possède de torii photogéniques, ses milliers de portiques rouge vermillon. Mon endroit secret fait partie aussi des plus grands sanctuaires shintoïstes dédiés à la divinité du riz, Inari, mais il est peu connu.
Il s’agit de Chiyobo Inari Jinja. Appelé affectueusement “Ochobo-san”, il se situe dans la préfecture de Gifu, au centre de l’archipel. Pendant mon enfance, c’est là où je passais toutes mes vacances d’été dans la petite maison de mes grands-parents. Aujourd’hui, elle est inhabitée, mais je m’y rends après chaque déplacement en shinkansen à Ôsaka ou à Kyôto, en descendant à la gare très peu fréquentée de Gifuhashima. Ensuite, il faut prendre un taxi ou attendre avec des personnes âgées le minibus municipal qui passe toutes les unes ou deux heures. Dans les deux cas, il faut compter 20 minutes pour arriver à destination. En traversant la plaine de Nôbi où coule le grand fleuve Nagara, l’horizon est découpé par les majestueux monts Ibuki. Cela me laisse toujours l’impression de revenir dans un Japon qui vit au même rythme depuis des temps les plus reculés.