Histoire : Un intérêt renouvelé et pluriel

Vers 1900, cette affiche publicitaire pour les cycles Clément illustre l’influence japonaise. / DR

Depuis quelques décennies, on redécouvre à quel point le Japon a influencé l’univers artistique occidental.

Le mot “japonisme” est né après le succès du premier envoi officiel du Japon à l’Exposition universelle de 1867 à Paris. Il est rapidement sur toutes les lèvres, notamment grâce aux articles de Philippe Burty en 1872 et 1873 dans La Renaissance littéraire et artistique, qui imposent ce vocable pour désigner la mode des objets et des estampes du Japon. Cette mode se répand d’autant plus vite que les productions japonaises sont accessibles en nombre, souvent à des prix tout à fait modestes. Paris est, avec Londres, un des centres du marché de l’art japonais, mais la Hollande, l’Allemagne et l’Autriche ne sont pas en reste.
Le traité d’amitié et de commerce signé avec la France en octobre 1858, après ceux des Etats-Unis, de la Russie et de la Grande Bretagne, mettait fin à une fermeture du pays depuis le XVIIe siècle, moins complète certes qu’on ne l’imaginait, mais qui ne pouvait qu’attiser la curiosité des amateurs et des artistes. Au lendemain de la Commune, Henri Cernuschi et Théodore Duret partent faire un tour du monde et Cernuschi rapporte une grande collection japonaise, présentée en 1873 au palais de l’Industrie, notamment des bronzes, copiés alors par les artistes qui étaient même autorisés à en prendre des empreintes.
C’est Cernuschi qui conseille au marchand Philippe Sichel de se rendre au Japon pour profiter de la situation créée par la modernisation du pays depuis 1868, sous l’autorité de l’empereur Meiji, bien décidé à montrer les capacités de son pays et à le moderniser, afin d’éviter le triste sort fait aux Chinois avec le sac du Palais d’été en 1860. Sichel rapporte 450 caisses d’objets variés, livres, estampes, “foukousas” (carrés de tissu imprimés ou brodés), mais aussi costumes et masques de théâtre, les troupes de Nô étant ruinées après la disparition de leurs mécènes, les daimyô (voir Zoom Japon n°79, avril 2018), gardes de sabre devenues inutiles avec la suppression des samouraïs au profit d’une armée moderne avec des instructeurs européens, notamment français.