Technique : L’estampe, force d’attraction

La rivière Tama dans la province de Musashi (Bushû Tamagawa), Les “Trente-six vues du mont Fuji” (Fuji sanjûrokkei), 8e vue, Katsushika Hokusai (1760-1849), vers 1829-1833. Nishiki-e ; format ôban yoko-e (à l’horizontale)./ Museum of Fine Arts, Boston

Ce qui a tant excité la curiosité et fasciné les collectionneurs en Occident a connu une évolution remarquable.

On ne peut parler du japonisme sans évoquer le rôle des estampes japonaises. Les artistes occidentaux n’auraient jamais créé les mêmes œuvres s’ils ne les avaient pas découvertes. La beauté du dessin (au pinceau et à l’encre de Chine), celle des couleurs, parsemées parfois d’un poudroiement d’or ou d’argent, et l’originalité des thèmes de ces estampes polychromes, furent pour eux une source inépuisable d’inspiration.
Au Japon, la xylographie importée de Chine servit tout d’abord à imprimer et à illustrer des textes bouddhiques puis toutes sortes d’ouvrages. Elle connut un nouvel essor, au XVIIe siècle, lorsque le peintre Hishikawa Moronobu utilisa cette technique, vers 1660 pour imprimer les premières estampes sur des feuilles séparées. Elles étaient imprimées en noir et blanc, à l’encre de Chine Sumizuri-e.
Mais les clients se lassèrent du noir et blanc et souhaitèrent acheter des estampes colorées. Elles furent alors rehaussées à la main d’une couleur orangée, le tan, composé de soufre et de mercure. Puis à ces estampes nommées tan-e, vinrent s’ajouter, à partir du début du XVIIIe siècle, des estampes rehaussées d’un rouge plus franc, obtenu par le carthame (Carthamus tinctorius), les beni-e, ainsi que les estampes laquées de noir urushi-e, dans lesquelles l’encre de Chine mélangée à un liant d’origine animale, le nikawa, prenait une teinte brillante.