Culture populaire : Peut encore mieux faire

La bande dessinée constitue aussi un excellent moyen pour exprimer la mentalité de sueur et de larmes qui colle tant au rugby. Cependant, depuis de nombreuses années, le manga de rugby a été facilement dépassé par d’autres genres, que ce soit le football (Captain Tsubasa), le volley-ball (Attack No.1, inédit en français), le baseball (Kyojin no hoshi, inédit en français) ou le judo (Yawara!, inédit en français). Après tout, les sports mentionnés ci-dessus sont extrêmement populaires ou ont valu au Japon de nombreuses médailles d’or aux Jeux olympiques et dans les championnats du monde. En comparaison, non seulement le rugby a toujours été considéré comme un sport d’élite (certaines des plus grandes équipes d’amateurs appartiennent à des universités privées d’élite telles que Keio et Waseda), mais jusqu’à très récemment, il était considéré comme un sport peu performant.

Le rugby véhicule des valeurs importantes au Japon comme le travail d’équipe et l’esprit de sacrifice./ © Amase Shiori / Kôdansha

Depuis 1978, pas moins de 25 mangas ont été consacrés à ce sport, mais seuls quelques-uns d’entre eux ont duré plus de deux ans. 1-2 no Sanshirô (1978-83) du pionnier Kobayashi Makoto a été assez populaire. Il a obtenu le prestigieux prix Kôdansha en 1981 et a même été adapté au cinéma. De son côté, Madonna (1987-1992) de Kujirai Ikuko a été publié sous forme de 22 volumes et a connu deux adaptations vidéo. Ce dernier manga a probablement été inspiré par School Wars dans la mesure où il raconte l’histoire d’une enseignante dirigeante d’une classe de lycée pleine d’élèves à problèmes et impliquée dans la gestion du club de rugby de l’école.
Malheureusement, ces deux œuvres ont été suivies par une série de titres (Hard Tackle, Gain, Upset 15, etc.) qui n’ont pas réussi à impressionner les lecteurs de magazines de mangas. Cependant, la performance impressionnante de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde de 2015 et à l’occasion de ses derniers test-matchs semble avoir eu un effet positif. Trois autres mangas ont vu le jour au cours des trois dernières années (Fullback, Full Drum et Bull Tackle), mais le travail le plus populaire a été de loin All Out !! Créé en 2013 par la mangaka Amase Shiori, ce manga est toujours publié dans le mensuel Morning Two de Kôdansha. Le titre fait référence au rugby intégral. En effet, cette bande dessinée, bien qu’elle ait été écrite par une femme, est une histoire typique d’amitié et de rapprochement entre hommes et s’est révélée si populaire qu’en 2016, une série animée a été diffusée à la télévision. Il reste à voir si la Coupe du monde de l’année prochaine augmentera encore l’intérêt de la culture populaire pour ce sport.
J. D.