Tradition : Le Nouvel an dans l’Archipel

Le stand des omikuji permet de savoir si les douze mois à venir seront bons, moyens ou mauvais. / Angeles Marin Cabello pour Zoom Japon

Une fois l’étape des vœux terminée, il est temps de se rendre au stand où l’on remet la flèche porte-bonheur de l’année écoulée avant d’en acheter une nouvelle afin de conjurer les mauvais esprits au cours des douze prochains mois. Ensuite, on passe au stand des omikuji, ces petits papiers qui prédisent l’avenir, grâce auxquels on peut savoir si l’année à venir sera excellente, moyenne ou mauvaise. Si la prédiction est favorable, on conserve le papier. Dans le cas contraire, on l’attache à l’arbre le plus proche, en espérant que la malchance ne nous suivra pas.
Enfin, on peut s’arrêter devant les stands qui vendent toutes sortes de porte-bonheur et amulettes capables de répondre à différents désirs : réussite aux examens, rencontre en vue d’un mariage, embauche, santé, prospérité, protection contre les accidents de la route, etc. Une femme exhibe fièrement le petit râteau doré qu’elle a acheté pour mettre dans son sac (pour gagner de l’argent), un porte-clés avec un chat porte-bonheur (même raison), une petite grenouille en céramique (pour revenir saine et sauve d’un voyage) sans oublier une amulette spéciale pour se protéger de toutes sortes de malheurs, car elle va avoir 32 ans ce qui est considéré comme une année de malchance.
Après tous ces achats destinés à se prémunir du mauvais sort, il est temps de se nourrir. Une multitude de stands installés le long des allées autour du sanctuaire sont là pour répondre à l’appel du ventre : calamars entiers grillés, tentacules de poulpe sur un pic, patates douces grillées sur pierre, takoyaki (beignets de pieuvre), montagnes de yakisoba (nouilles sautées), mochi (pâte de riz gluant) grillés sur du bambou et disposés sur des lits de paille, oden (pot-au-feu) de poisson, carrés de konjac en gelée, okonomiyaki (crêpe) aux légumes, germes de soja et lamelles de viande. Le fond de l’air est épais avec la saveur sucrée et fumée provenant de la centaine de plaques chauffantes.
C’est après tout le Festival des festivals, la date la plus importante du calendrier japonais, un nouveau départ dans le cycle éternel du changement et du renouveau. Alors, pourquoi ne pas commencer par une poussée d’optimisme, une bonne escalade, quelques porte-bonheur et un festin en plein air ?

Steve John Powell & Angeles Marin Cabello

Les amateurs d’amulettes trouvent ici leur bonheur. / Angeles Marin Cabello pour Zoom Japon