Cet autre Japon alternatif

Ce petit bout de terrain géré par Kasu Harappa ONDI est un espace unique dans le quartier de Yanaka. /Jean Derome pour Zoom Japon

Kuriya (http://kuriya.co) est une organisation tokyoïte qui travaille avec les jeunes immigrants/étrangers et les jeunes japonais (âgés de 16 à 26 ans). Son objectif est de favoriser les liens entre les deux communautés grâce à la créativité, tout en développant leur estime de soi et leurs aptitudes dans la vie quotidienne. Plus largement, ils veulent montrer l’importance d’une société japonaise multiculturelle. Cela prend la forme d’une participation à des ateliers et à des cours de création qui donnent aux participants l’occasion de saisir les différences culturelles de manière positive et active. Basé à Takadanobaba, près de Shinjuku, Kuriya est financé par le Conseil des arts de la ville et la Fondation Toyota.

Cocoroom (http://gcg.cocoroom.org/en/) est une organisation à but non lucratif implantée à Ôsaka qui dispose d’un centre culturel et d’une maison d’hôtes. Elle mène des activités créatives et pratiques auprès de la communauté locale qui n’est pas sans problème. Elle se situe à Nishinari (plus connu sous le nom de Kamagasaki), le plus grand quartier de travailleurs journaliers du Japon. La fondatrice de Cocoroom, Ueda Kanayo, et son équipe travaillent avec la population locale en faisant preuve de créativité et d’ouverture, tout en accueillant des voyageurs japonais et étrangers dans son établissement. Le nom de Cocoroom a été forgé à partir des mots japonais koe (voix), kotoba (mot) et kokoro (cœur). Il résume leur motivation en matière d’écoute, de compréhension et de connexion avec les habitants et les nombreuses personnes qu’ils côtoient. Kamagasaki a une mauvaise réputation auprès des Japonais en tant que zone dangereuse (plusieurs émeutes s’y sont déroulées dans le passé), mais de nombreux journaliers sont désormais âgés, avec peu de travail et peu de liens sociaux. Un nombre croissant d’entre eux devient SDF. Passer du temps chez Cocoroom permet de découvrir une face différente du Japon. Les résidents locaux s’arrêtent régulièrement au café Cocoroom pour prendre un thé gratuit et discuter avec le personnel. Les déjeuners et dîners en commun donnent à chacun le sentiment de faire partie d’une communauté plus large. La poétesse Ueda Kanayo a créé Cocoroom en 2003 et organise de nombreux événements culturels, notamment des ateliers de haïku, de calligraphie et de théâtre amateur. L’Université des arts de Kamagasaki est ouverte à tous et invite souvent des professionnels à donner des conférences, à organiser des débats et à animer des ateliers. Des endroits comme celui-ci sont extrêmement rares dans l’Archipel.

Jean Derome