Must : Mie, joyau de la culture perlière

Les amateurs de coucher de soleil trouveront dans cette partie du Japon de quoi satisfaire leur passion./ Johann Fleuri pour Zoom Japon

Véritable écrin marin préservé, la baie d’Ago dans la région d’Ise-Shima réserve de magnifiques découvertes.

La mer est calme, paisible dans la baie d’Ago, dans la région d’Ise-Shima, dans la préfecture de Mie. L’absence de bateaux préserve la baie de toute pollution et les vagues sont douces. A l’observatoire de Yokoyama, on pourrait passer des heures, lovés dans la montagne, à contempler ce paysage marin à couper le souffle. La soixantaine d’îlots, de toutes tailles, caractéristiques de la région, compose un ensemble harmonieux et reposant. C’est précisément dans les eaux de cette baie, que le joaillier mondialement connu, Mikimoto, cultive ses précieuses perles, vendues jusqu’à la place Vendôme, à Paris. Les références au destin peu ordinaire de son fondateur, Mikimoto Kôkichi, sont omniprésentes dans cette région.
Originaire d’une famille de fabricants de soba (pâtes de sarasin), il a développé très jeune un sens des affaires hors-du-commun. “Lors d’un séjour à Tôkyô, il a rencontré un marchand chinois qui vendait des perles à des prix exorbitants, l’idée de cultiver des perles lui est immédiatement venue, mais personne n’avait jamais réussi cette prouesse, raconte Inoue Tatsuo, manager du musée Mikimoto Pearl Shima. A l’époque, trouver des perles dans la mer était quelque chose d’extrêmement rare : un plongeur expérimenté en ramenait quatre ou cinq par trimestre, au péril de sa vie.” Lorsqu’il est arrivé à Toba, Mikimoto Kôkichi, entrepreneur dans l’âme et commerçant hors-pair, a décidé de percer le secret de la culture de la perle grâce aux huîtres akoya que l’on trouve en abondance dans la baie d’Ago.
L’idée était simple, mais pas si facile à exécuter : soutenu par son épouse qui partageait le même rêve insensé, il a tenté pendant des années de trouver la manière d’implanter avec succès un noyau dans l’huître afin que celle-ci produise de la nacre autour du corps étranger. Le 11 juillet 1893, après des années de tentatives ratées et alors qu’il venait de perdre 5 000 huîtres dans une marée rouge, il a obtenu ses cinq premières perles de culture sur l’île d’Ojima, dans des coquillages épargnés par la catastrophe naturelle. Sa femme, Ume, est décédée trois ans après ce premier succès, laissant cinq enfants et ignorant tout de l’empire Mikimoto qui allait émerger.