Rencontre : Le potager de M. Yamashita

C’est à Chapet, dans les Yvelines, que Yamashita Asafumi a choisi de cultiver son jardin. / Alexandre Petzold pour Zoom Japon

Installé dans la banlieue ouest de Paris, Yamashita Asafumi a développé une véritable philosophie du jardinier.

Par une matinée automnale, nous sommes allés à la rencontre de Yamashita Asafumi, souvent qualifié de maraîcher trois étoiles, de créateur de légumes pour chefs étoilés. Mais au-delà de ces étiquettes dorées, c’est un autodidacte passionné et passionnant. Un homme qui parle des légumes comme il parle des hommes. Un philosophe du potager.
Après un court trajet en voiture depuis la gare de Villennes-sur-Seine, nous arrivons à Chapet, charmante petite bourgade des Yvelines. Il faut descendre une petite rue longeant quelques rares maisons pour arriver à la ferme Yamashita. Un petit panneau en bois lavé par les pluies nous indique que nous ne nous sommes pas trompés. Nous cheminons vers la maison, les herbes ont bien repoussé après les fortes chaleurs estivales. Le maître du potager et son épouse maîtresse des cuisines (il est possible de venir déjeuner et goûter aux légumes d’Asafumi qu’elle cuisine pour quelques chanceux clients) nous accueillent sur le pas de la porte. Nous nous installons dans le grand salon, enlevons nos chaussures pour installer nos pieds bien au chaud sous le kotatsu (table basse chauffante), seule touche japonaise dans ce grand salon occidental.
Autour d’un thé vert japonais, il évoque ses premiers pas en France. C’était en 1976. Venu étudier les arts à Paris, il ne connaissait de la langue française que “Je t’aime”, “rendez-vous”, “ensemble”. Il avoue, rieur, que cela ne l’aidait pas beaucoup pour demander où sont les toilettes ! Il a appris le français à la Sorbonne, a étudié quelques années, puis est retourné au Japon. C’est en 1989 qu’il s’installe à Chapet, petit village de la banlieue ouest de Paris. Cela répond à ses besoins : l’école japonaise où ses filles pourront étudier, mais aussi de la surface pour faire pousser ses bonsaïs (puis ses légumes suite à un vol de ses chers arbres miniatures), et un voisinage tranquille. Les échanges avec les voisins sont rares, et cela lui convient bien. Les amitiés se nouent au fil des rencontres, des affinités : des artistes, des chefs cuisiniers … des passionnés avec lesquels il partage son amour du bon, du beau, du travail bien fait. Une histoire d’amour avec la France qui n’était pas un coup de foudre, mais plutôt une succession de rencontres, un apprivoisement mutuel. Tranquillement, doucement, en observant, en écoutant.