Rencontre : Un son qui vient du nord

A travers sa musique, Takahashi Kuniyuki cherche à exprimer ses sentiments de manière franche et honnête. / DR

Tête d’affiche du Japan Connection Festival, Takahashi Kuniyuki évoque son parcours musical.

Connu sous différents noms (Kuni, Koss, etc.), le musicien, DJ et ingénieur du son Takahashi Kuniyuki est, depuis plusieurs années, l’un des créateurs de musique les plus intéressants du Japon. Sa musique particulière de deep house, qui associe souvent jazz, sons africains et soul et accorde une grande place à l’improvisation, suscite un bel engouement tant au Japon qu’à l’étranger. Zoom Japon s’est entretenu avec Kuniyuki – comme ses fans l’appellent tout simplement – avant son départ pour Paris où il va participer au Japan Connection Festival des musiques électroniques japonaises.

Vous êtes né et avez grandi à Sapporo, sur l’île de Hokkaidô. Aujourd’hui encore, même si vous êtes devenu un musicien et DJ mondialement connu, Sapporo reste votre base.
Takahashi Kuniyuki : Pour moi, l’environnement dans lequel je crée et je pense la musique est très important. En ce sens, Sapporo, ou devrais-je dire Hokkaidô (voir Zoom Japon n°78, mars 2018), constitue l’environnement idéal pour mon investissement musical.

En parlant de Sapporo, vous avez un lien particulier avec un club local appelé Precious Hall, qui est également le nom de l’une de vos premières réalisations. Pourquoi ce lieu est-il si important pour vous ?
T. K. : La culture de club était très forte quand j’ai commencé à faire de la musique. Sapporo n’étant pas aussi grande que Tôkyô ou Ôsaka, tout est donc souvent concentré dans un même endroit. Precious Hall était devenu pour moi le lieu incontournable pour savoir ce qui se passait dans la ville. Par la suite, “Africa”, un événement marquant pour moi s’y est déroulé en 1996 ou 1997. A cette époque, mes intérêts musicaux évoluaient vers la musique folk et les musiques du monde. J’ai commencé à y jouer de la percussion et du synthétiseur lors de concerts.