Rencontre : Un son qui vient du nord

Sorti en 2011, Feather World a été très marqué par la catastrophe qui a frappé le Japon cette année-là.

Vous êtes musicien depuis de longues années maintenant. Comment a évolué votre approche musicale au fil du temps ?
T. K. : La musique est très importante pour moi et mon objectif a toujours été d’exprimer mes sentiments de manière franche et honnête. Quand j’étais adolescent et que j’écoutais du punk rock, l’énergie de la musique était primordiale. En vieillissant, d’autres éléments entrent en ligne de compte. Même si je suis plus expérimenté et plus qualifié, je cherche toujours à produire une musique qui parle à mon cœur. Dans un sens, ma façon de penser la musique n’a pas tellement changé. À l’avenir, je voudrais produire des musiques très simples. Lorsque je suis allé en Afrique du Sud, en décembre 2017, j’ai visité une grotte dont les murs étaient couverts d’art rupestre ancien réalisé par des bushmen. Ce fut une expérience incroyablement inspirante. Quand j’en suis sorti, entouré de vastes plaines et avec des montagnes à l’arrière-plan, j’ai voulu produire une sorte de son simple et presque primaire. C’est ce genre de musique que je souhaite créer. Qu’elle soit simple mais pleine de sentiments.

L’environnement semble jouer un rôle important dans votre façon de faire de la musique. Je suppose que c’est l’une des raisons pour lesquelles vous avez vécu toute votre vie à Hokkaidô ?
T. K. : En effet. Par exemple, j’aime écouter de la musique en conduisant. Bien que je réside à Sapporo, qui est une grande ville, la campagne ne se trouve qu’à 30 minutes de route. J’aime juste m’immerger dans la nature. A Sapporo même, nous ressentons le temps différemment. Cela ne m’empêche pas d’aimer aussi d’autres endroits, comme New York, où vous pouvez ressentir l’histoire comme une chose vivante. Sans oublier l’énergie de Tôkyô, bien sûr. Mais en définitive, pour ce qui relève de mon expérience musicale, je n’ai pas trouvé meilleur endroit que ma bonne cité de Sapporo.

Gianni Simone

Informations pratiques
JAPAN CONNECTION FESTIVAL DES MUSIQUES ELECTRONIQUES JAPONAISES, du 9 au 11 mai à 19h30. La Gaité Lyrique 3 bis rue Papin 75003 Paris. http://gaite-lyrique.net

Après deux premières éditions au New Morning et au Trabendo, le projet Japan Connection se mue en festival pour l’année 2019. Il s’installe à La Gaité Lyrique en partenariat avec Zoom Japon. / Japan Connection

Programmation
POUR SA PREMIÈRE A LA GAITÉ LYRIQUE,
LE JAPAN CONNECTION FESTIVAL a fait appel aux meilleurs représentants de la scène électronique japonaise. Le 9 mai, Terada Sôichi, Kuniyuki et Sauce81 conjugueront leurs talents pour une prestation qui s’annonce mémorable. Le même jour, ne manquez pas non plus Hugo LX. Le 10, place au duo Dip In The Pool composé de la chanteuse Kôda Miyako et du pianiste Kimura Tatsuji et Tomiie Satoshi. Et pour finir, le 11, Matsuura Toshio se produira avant la performance du trio composé de Joe Claussell, Itabashi Fumio et Kuniyuki.