Nihongothèque « Chiko-chan »

Si, en entendant le mot “Chiko”, vous pensez au fameux personnage Chico apparu dans l’ancienne émission Nulle part ailleurs sur Canal +, cela signifie que vous êtes davantage imprégné de culture française que de culture nippone. Je suis fière d’en faire partie et j’adresse une dédicace appuyée à mon ami Rico qui m’avait appris, il y a plus de 15 ans, qu’il s’était donné ce surnom en hommage à cette figure interprétée par son grand frère, Patrick Mille.
Chiko est aussi une vedette de la télévision au Japon. Apparue en 2017, cette fille de 5 ans en mascotte mi-virtuelle se présente dans une émission de quizz intitulée Chiko-chan ni shikarareru, littéralement “Se faire gronder par la Petite Chiko”. Elle pose des questions innocentes comme “Pourquoi l’année scolaire japonaise débute en avril ?”. Lorsque les invités adultes ne lui donnent pas la bonne réponse, ce qui est toujours le cas, Chiko-chan se fâche et, d’une façon brutale sort sa phrase culte : “Bôtto ikitenja nêyo !  (Ne passe pas ta vie à ne pas réfléchir ! )”, drôlement cynique et révolutionnaire pour un programme de la NHK, la chaîne publique ! D’ailleurs, en France, on me pose souvent ce genre de questions concernant l’Archipel et combien de fois j’ai regretté d’avoir passé ma vie sans y réfléchir ! En revanche, ces Français se retrouvent à leur tour, dans des situations semblables à cause de mes interrogations élémentaires comme “Pourquoi on dit La Pâques et pas Les Pâques ?”. Je me demande aujourd’hui si ce genre de détail est si indispensable pour mieux comprendre un pays ? Mes amis comme Rico me parlent aussi bien des Tontons flingueurs que du projet du Grand Paris sans connaître l’origine du mot “Parigot”. C’est vrai que je me sens plus intégrée dans ce pays quand je rigole avec eux en imitant Stéphane Bern que d’apprendre l’année de l’édification de tel ou tel château de la Loire. Si vous prétendez dire que vous vous intéressez à la culture japonaise, “va chercher bonheur” chez Chiko-chan et répétez simplement après elle “Bôtto ikitenja nêyo !”
Koga Ritsuko