Rencontre : Un modèle de grand-mère

La belle amitié entre la septuagénaire Yuki et l’adolescente Urara se construit autour de leur intérêt pour les mangas BL. Les deux personnages se retrouvent sur l’engawa de la maison de la vieille dame. / © Kaori Tsurutani 2018 / KADOKAWA CORPORATION

La façon dont les gens réagissent à la lecture d’un livre ou au visionnage d’un film varie souvent en fonction de leur nationalité et de leur culture. Quel type de réaction attendez-vous des lecteurs étrangers qui liront votre manga ?
T. K. : Je ne sais pas vraiment, mais je suis très curieuse de connaître leur réaction. L’éditeur Ki-oon m’a expliqué qu’en France, les personnes âgées méprisaient souvent les jeunes tandis que ceux-ci trouvaient les personnes âgées ennuyeuses et ne voulaient pas s’en occuper. N’ayant jamais envisagé ces différences générationnelles, j’ai été très surprise de l’entendre.

Au Japon, votre manga est publié par un webzine. Comment gérez-vous les délais de remise de vos planches ?
T. K. : Ah les délais ! Oh mon D… (rires)! Au début, je bouclais un épisode toutes les deux semaines, c’est-à-dire 24 pages par mois. Cependant, ces derniers temps, j’ai eu du mal à choisir dans quelle direction orienter mon récit. En conséquence, mon rythme a un peu ralenti et je ne livre maintenant un nouvel épisode que toutes les trois semaines, même si j’ai un assistant. Je suppose que tous ceux qui aspirent à devenir dessinateurs ne pensent jamais à tout le travail qui accompagne la création et la vente de mangas. Tout ce qu’ils veulent, c’est pouvoir en faire leur métier. Mais une fois que vous avez signé un contrat et que vous devez faire face à des délais et à la nécessité de vendre votre histoire, vous réalisez alors à quel point ce travail est difficile.

Propos recueillis par J. D.

Référence
BL MÉTAMORPHOSE VOL. 1, de Tsurutani Kaori, trad. par Géraldine Oudin, Ki-oon, 7,90 €.