L'heure au Japon

Parution dans le n°87 (février 2019)

Pour saisir l’importance jouée par la Compagnie des Indes orientales (Vereenigde Oostindische Compagnie, VOC) fondée en 1602, un an avant que le shôgun Tokugawa Ieyasu décrète de fermer son pays à la présence étrangère, il suffit de se rendre à l’Oost-Indisch Huis (Oude Hoogstraat 24), son siège, construit en 1606. Aujourd’hui propriété de l’Université d’Amsterdam, le bâtiment ne se visite pas, mais on peut en admirer la grandeur et se souvenir qu’il a abrité les activités de la première multinationale et société par actions de la planète. La VOC n’a pas régné sur le commerce mondial seulement grâce à son comptoir japonais, mais elle était la seule à bénéficier d’un accès au Japon. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il reste encore des traces de cette relation forte qui a duré 250 ans avant que les autres Occidentaux s’imposent. Les Japonais, sans le savoir, utilisent au quotidien de nombreux mots néerlandais. De bîru (bier, 1724), la bière, à garasu (glas, 1763), le verre, en passant par kôhî (koffie, 1797), le café, le vocabulaire nippon s’est enrichi au fil du temps grâce aux Hollandais tandis que, dans le même temps, les Européens ont pu s’imprégner de l’artisanat et de l’art japonais rapportés sur le vieux continent par les navires de la VOC. Faut-il y chercher les racines de l’intérêt que les Européens manifestent aujourd’hui pour la culture venue du pays du Soleil-levant ? La question est ardue à trancher, mais il est un fait qu’Amsterdam reste un lieu important pour rester en contact avec le Japon. A la différence du passé, les Japonais sont désormais installés en nombre aux...

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