Yokoyama Yûichi prend ses quartiers au musée de Kawasaki

L’auteur de Travaux publics s’expose dans la cité industrielle et invite les visiteurs
à partager sa vision intrigante de la vie.

 

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Parmi les très nombreuses œuvres exposées dans le cadre de cette exceptionnelle, nous avons retenu celles-ci. Elles résument parfaitement l’esprit qui anime Yokoyama Yûichi. En haut, « Géranium », extrait de Nyû Doboku [Nouveaux travaux publics]. A gauche, «  », extrait de Nyû Doboku [Nouveaux travaux publics].
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Située entre et Yokohama, le ville de Kawasaki est souvent oubliée des touristes qui se souviennent surtout qu’elle a été un des grands centres industriels du pays. Pourtant cette cité ne manque pas de charme et elle n’est surtout pas une banlieue de comme certains peuvent le prétendre. Depuis plusieurs années, les responsables de la municipalité ont entrepris de changer son image, en y menant une politique culturelle des plus intéressantes. Parmi les différentes initiatives, il convient de citer la création du Musée municipal (Kawasaki-shi shimin Myûjiamu) en 1988. Cet établissement au service des citoyens, comme son directeur aime à le rappeler, a mis en place une politique originale qui consiste à s’intéresser notamment à l’  sous toutes ses formes, y compris la bande dessinée à laquelle il consacre régulièrement des expositions. C’est le cas actuellement avec l’hommage rendu à Yokoyama Yûichi intitulé Je dessine le temps et mis en scène par l’architecte Suzuno Kôichi. Ce dernier a imaginé d’aménager la salle d’exposition comme un champ de courses autour duquel le visiteur découvre les œuvres de l’artiste considéré comme le chef de file du néo-. Sur de grands murs, des extraits de plusieurs de ses livres sont projetés à intervalles réguliers, ce qui donne tout son sens au titre de l’exposition puisqu’en procédant de cette manière, il renforce l’idée de maîtrise du temps. Sur les grandes tables qui font office de barrières comme celles que l’on trouve dans les hippodromes, de nombreux autres dessins sont exposés. On découvre l’étendue du talent de cet artiste qui joue avec les lignes pour mettre en évidence l’absurdité de notre monde. Cette exposition est ouverte au public jusqu’au 20 juin. Voilà une bonne raison de faire une halte à Kawasaki. L’atmosphère y est tout aussi agréable qu’à Tokyo et ce n’est qu’à cet endroit que vous pourrez plonger dans l’univers intrigant de Yokoyama Yûichi.
G. B.

En France :
Livres : Grâce au travail des éditions Matière, les lecteurs francophones ont à leur disposition une partie des livres publiés par Yokoyama Yûichi. On peut notamment citer Jardin paru en 2009 dans lequel le « jardin » est un décor désert, habité uniquement de dispositifs mécaniques, de cliquetis, de chocs et de grincements, un lieu sans orientation ni logique qui semble se créer au fur et à mesure que le regard progresse. Ajoutons Voyage (2005), Combats (2004) et surtout Travaux publics (2004), œuvre énigmatique d’une très grande force qui présente une série de chantiers colossaux et impossibles à réaliser. Epuisé depuis plusieurs années, ce manga a enfin été réédité en mars 2010. A ne pas manquer.
www.matiere.org

Pratique :
1-2 Todoroki,, Nakahara-ku, Kawasaki
Tél. 044-754-4500 – www.kawasaki-museum.jp