Succomber à la magie de Matsue

Le château de Matsue est l’un des douze châteaux originaux encore présents dans l’Archipel avec ceux de Himeji et de Matsumoto. / Fabien Kretz


Parmi les nombreuses maisons anciennes que l’on trouve le long des rives du canal nous avons l’ancienne résidence de Lafcadio Hearn (1850-1904), l’écrivain gréco-irlandais tellement épris du Japon qu’il a fini par prendre la nationalité japonaise et se doter du patronyme nippon Koizumi Yakumo. Il est arrivé au Japon en 1890, âgé d’à peine 22 ans après la réouverture du pays sous la restauration Meiji (1862-1868), au moment où le monde occidental connaissait sa première grande période de découverte du Japon. Ses écrits sur l’Archipel débordent d’une joie de vivre innocente.
Matsue doit une partie de sa renommée internationale aux écrits passionnés de Hearn. En effet, si fort que soit le lien entre l’écrivain et Matsue, on ne manque pas d’être surpris d’apprendre qu’il n’a vécu ici que pendant 15 mois, entre 1890 et 1891. Sa maison située rue Shiominawate est une authentique maison japonaise traditionnelle, avec ses pièces recouvertes de tatamis donnant sur un charmant jardin. Elle se trouve dans l’ancien quartier des samouraïs et plusieurs autres maisons de ces gens d’armes se dressent toujours dans la même rue.
Aujourd’hui, 130 ans après l’histoire d’amour de Hearn avec le Japon, le monde connaît une deuxième grande vague d’intérêt pour ce pays. Et, malgré tous les changements qu’il a connu, les visiteurs ne manquent jamais d’être impressionnés quotidiennement – tout comme Hearn l’avait été – en particulier dans un endroit comme la ville de Matsue.
Alors que la lumière commence à s’estomper à la fin de la journée, la ville vous réserve un autre moment magique qui ne manquera pas de vous faire craquer. En début de soirée, juste au moment où le soleil commence à glisser vers l’horizon, c’est le moment de se diriger vers les rives du lac Shinji pour admirer le coucher du soleil. Vous y trouverez déjà plusieurs photographes, leurs appareils photos déjà montés sur des trépieds, qui attendent le début du spectacle quotidien sur le point de se dérouler.
L’effet est renforcé par la présence de l’île de Yomegashima, à seulement 200 mètres de la rive du lac. Lorsque le soleil glisse vers l’horizon derrière la minuscule île, on touche à l’un de ces petits points de perfection esthétique qui abondent au Japon, apparemment créés par la nature pour générer en nous le plaisir.