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    Accueil » Actu » Ryûsuke ne veut rien lâcher
    La vie au Japon après le 11 mars

    Ryûsuke ne veut rien lâcher

    Par Johann Fleuri01/10/2011
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    Parution dans le n°14 (octobre 2011)

    Absent du pays lors du tremblement de terre, Murata Ryûsuke a décidé de participer à l’effort commun.

    Tokyo, September 11 2011 - Portrait of Ryusuke Murata.
    Murata Ryûsuke à Tôkyô le 17 septembre 2011, six mois après le séisme qui a détruit le nord-est du pays. © Jérémie Souteyrat pour Zoom Japon

    Je ne veux pas penser à ma situation. Car ce n’est rien en comparaison de la souffrance des gens sinistrés.” Murata Ryûsuke n’était pas au Japon le jour du séisme. Il était à Paris où il faisait “de la prospection commerciale pour des clients japonais. Je travaille en free-lance et je partage mon temps entre la France et le Japon.” Le 11 mars, “je m’apprêtais à prendre l’avion pour rentrer au Japon.  Je n’ai pu mesurer les dégâts qu’une fois rentré chez moi, à Atsugi à 50 kilomètres au sud de Tokyo, quand j’ai retrouvé ma mère et allumé la télévision. Mes parents étaient inquiets, mes frères et sœurs avaient dû dormir dans leurs écoles respectives parce qu’ils ne pouvaient pas rentrer à la maison. J’ai commencé à me rendre compte que la situation était grave.” Pour autant, il est resté calme. “Je ne sais si cela est dû au fait que je n’ai pas ressenti physiquement la violence du séisme. Mais je me sentais calme. J’ai passé beaucoup de temps au téléphone à rassurer des amis qui étaient très inquiets. Je peux dire que j’étais aussi triste d’une certaine manière, car je me sentais en décalage avec l’anxiété générale”, confie-t-il.
    Face à l’ampleur de la catastrophe, Ryûsuke a senti qu’il devait agir. Parfaitement bilingue en français, il a commencé par se porter volontaire auprès des équipes de secouristes étrangers qui avaient besoin de se faire comprendre de la population locale. Puis, des journalistes francophones l’ont contacté pour les aider à couvrir les événements. “Je suis ensuite allé à Fukushima à plusieurs reprises pour accompagner une équipe de tournage qui préparait un documentaire. De mon côté, je veux aider les gens à comprendre notre situation. Je suis Japonais. Je comprends aussi la façon de vivre des Européens. C’était important pour moi d’être  un lien entre ces deux cultures si différentes.”
    Quelles que soient les circonstances, Ryûsuke n’a pas reculé avec toujours en lui cette force. “J’ai accompagné une équipe de tournage à la rencontre des agriculteurs près de la zone interdite. Ils portaient des masques, des gants, des protections pour les chaussures. Ils ont jeté leurs paires de chaussures le jour de leur départ de la ville par mesure de précaution. L’agriculteur japonais à qui nous parlions, n’avait lui qu’un pantalon et un tee-shirt. Je ne reproche pas à l’équipe de tournage de s’être protégée  mais moi, je suis Japonais. Alors j’ai jugé plus sage de garder ma tenue ordinaire. Je ne voulais pas mettre de barrière entre l’agriculteur et moi : je voulais que nous soyons sur un pied d’égalité”, se souvient-il. Une solidarité inébranlable qui bouscule nos certitudes occidentales. “Face à l’adversité, nous nous serrons les coudes. Encore aujourd’hui.” Le mot d’ordre : Gambarimashô, notion japonaise qui exprime le soutien que l’on se porte les uns aux autres. Une inscription qui orne tous les murs du Tôhoku depuis le 11 mars. Jusqu’aux canettes de coca-cola dans les distributeurs de Sendai.
    “Une épicerie est spécialisée dans la vente de produits alimentaires en provenance de Fukushima à Tôkyô. Elle a doublé ses ventes en comparaison à celles d’avril et de mai 2010. C’est une façon de montrer notre soutien aux gens du Tôhoku.  On ne les oublie pas ici dans la capitale. C’est encore plus important pour les personnes à mobilité réduite qui ne peuvent pas aller dans les zones sinistrées, mais qui veulent apporter leur soutien. Après, je comprends totalement les mères de famille qui ne veulent pas donner cette nourriture venant des régions sinistrées à leurs enfants par mesure de précaution”, note-t-il. Cette solidarité, malgré la crise, il l’explique par “une résistance à l’épreuve que l’on nous enseigne depuis notre naissance. J’ai fait du baseball pendant une dizaine d’années. Si aujourd’hui, je n’en fais plus, je me souviens parfaitement de la chaleur étouffante qui régnait sur le terrain. Difficile à supporter même pour le simple spectateur situé dans les gradins. Et pourtant nous ne disions rien. C’était comme ça. Il fallait tenir. On m’a également appris qu’il était toujours important de garder le sourire même dans les moments difficiles”.
    Six mois après le séisme, “je trouve que la vie a retrouvé son cours normal à Tokyo. Même si les touristes sont encore frileux à venir au Japon. Je travaille aussi parfois en tant que guide touristique, mais pour l’instant, je n’ai pas tellement de propositions. Il me tarde que cette activité reprenne comme avant.” Ryûsuke cherche une manière de donner un nouveau souffle à son activité. “Pourquoi pas en m’intéressant à la nature et aux énergies. Je ne sais pas encore comment faire bouger les choses, mais je fais d’abord ce que je peux à mon échelle”, assure-t-il. En effet, “afin de répondre aux restrictions énergétiques, les entreprises japonaises ont aménagé les heures de travail des salariés pendant l’été. Spontanément, les Japonais ont commencé à faire plus attention à leur usage de l’électricité et de l’eau. Nous avons pris conscience de la présence de la nature. Dans son aspect le plus violent, mais aussi dans celui le plus fragile. Je pense que cette catastrophe nous fait faire des efforts pour protéger la nature. Le Japon va devoir poursuivre dans cette voie. Cela va être le principal sujet de réflexion dans notre pays au cours des prochains mois.”
    Johann Fleuri

    Documentaire Tôhoku Fukushima 14

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