Histoire : Il était une fois Frederik le grand

Lorsqu’il évoque les 900 pages de la biographie de Tezuka, Frederik Schodt explique qu’il lui a fallu environ un an pour traduire tout le livre. “Mais bien sûr, je faisais d’autres choses en même temps parce que vous devez gagner votre vie après tout. Aussi populaire que soient aujourd’hui le manga et l’anime, je connais très peu de personnes qui vivent grâce à la traduction. La plupart sont obligés de travailler dans d’autres domaines aussi. C’était néanmoins très amusant à faire, même si les informations complémentaires m’ont presque tué. Dans la version originale, il y a environ 40 pages répertoriant tout ce que Tezuka n’a jamais publié (manga, anime, affiches, calendriers, etc.). C’était incroyablement difficile. Il n’y a rien de plus compliqué que de traduire des titres parce que vous devez vérifier et revérifier : est-ce qu’il a été traduit ? Est-ce que cela a été traduit correctement ? Toutes ces choses. Il y a tant de choix à faire et cela nécessite de toujours revérifier”, explique-t-il. Les gens lui demandent souvent pourquoi il n’a pas écrit de biographie de Tezuka. “Le problème est qu’il était si prolifique que tenter de représenter sa vie dans un seul livre est une tâche écrasante”, confie-t-il. “Ban-san a effectivement fait un travail fabuleux. Il était “sous-chef assistant” de Tezuka, comme on dit au Japon. En conséquence, il ne l’a pas seulement connu, mais il peut même dessiner dans le style de Tezuka. Il a eu accès à toutes les archives et fait des entretiens avec des personnes qui connaissaient Tezuka, etc.”
Schodt a également traduit d’autres auteurs, y compris Shirow Masamune et son Ghost in a Shell. Il était donc normal qu’il évoque la récente adaptation avec Scarlett Johansson. “J’ai passé beaucoup de temps à travailler sur les œuvres de Shirow Masamune. J’ai pour ainsi dire passé quelques années dans le cerveau de Shirow. J’étais très curieux de voir le film. Je l’ai vu deux fois et je pense qu’il a de nombreux défauts. En premier lieu, le casting. Mais ma critique principale est que Shirow a un sens de l’humour merveilleux que l’on retrouve dans son manga. Mais on en retrouve rien dans cette adaptation ni d’ailleurs dans l’anime qui en avait été tiré. Cela dit, le film est distrayant. De toute façon, il est toujours difficile de faire un film à partir d’un manga”, conclut-il.

Giovanni Simone