Celle qui veut nouer des fils

Ishinomaki Hibi Shimbun

L’importance du “lien” s’est bien faite ressentir lors des événements du 11 mars 2011. Aussi créer des liens entre nous est-il aussi possible par l’intermédiaire des vêtements dans la mesure où ils sont le fruit du tissage de fils. Originaire du quartier de Kitakamichô, à Ishinomaki, Sasaki Mai travaille dans le secteur de la mode. Elle fait partie de ces personnes qui sont revenues dans leur ville natale en septembre 2014. Actuellement, elle dirige la boutique Hiyori Style qui propose des vêtements laissés en dépôt à disposition des personnes susceptibles d’être intéressées. Elle tente ainsi de créer une nouvelle culture vestimentaire.
Du temps où elle était collégienne, contrainte de porter tous les jours soit l’uniforme d’école soit une tenue de sport, elle aurait aimé pouvoir avoir accès à “une mode de vêtements d’occaz”, comme elle dit. Près de chez elle, il n’y avait pas de librairie et elle demandait à ses parents, lorsqu’ils allaient au centre ville, de lui acheter des magazines de mode. Et dans son quartier, il n’y avait pas non plus de boutique de vêtements qui aurait pu la faire rêver. Au lycée, elle s’était inscrite au club de dessin et aimait réaliser des esquisses d’instantanées de rues tout en organisant des expositions. Elle fréquentait alors la seule boutique d’occasion baptisée Trésors et située devant la gare d’Ishinomaki.
Dès le collège, elle avait déjà l’idée de travailler dans le secteur de la mode. Par la suite, elle s’était inscrite dans une école spécialisée de mode à Tôkyô en suivant une formation dans la haute couture. Ne sachant pas très bien s’exprimer, sa recherche d’emploi n’a pas été aisée mais un de ses professeurs lui a présenté la grande entreprise, Kapital, qui l’a embauchée finalement comme vendeuse, bien qu’elle aurait préféré travailler à la fabrication.
En boutique, ses journées se bornaient à faire l’article. Si elle se contentait de cette situation elle n’a jamais cessé de penser qu’“un jour, je travaillerai à la fabrication”. Ce n’est qu’au bout de trois ans qu’on lui a proposé de travailler dans l’usine implantée à Okayama dans le sud du pays. Elle a accepté sans hésitation et pendant deux années, elle s’est occupé de la gestion de la qualité tout en travaillant également à la fabrication.