En quête d’un second souffle

Le cinéaste Aoyama Shinji a accepté de nous livrer en exclusivité sa vision du cinéma japonais d’aujourd’hui.

Sur le toit de l’Eigabi gakkô ou Film school of Tokyo, établissement où les grands noms du cinéma – Kurosawa Kiyoshi, Aoyama Shinji ou Kore-Eda Hirokazu – enseignent. / Eric Reichsteiner pour Zoom Japon

Cela fait un bon moment que je ne vois plus de films japonais, en dehors de ceux réalisés par Kurosawa Kiyoshi et Kitano Takeshi. Pour la bonne raison que je ne m’y intéresse guère. Lorsqu’il y a un film dont on parle beaucoup et que je me décide à aller le voir, je sors très déçu de la projection. D’ailleurs, cela n’a peut-être rien à voir avec la nationalité du film lui-même. A part les films américains, je ne suis pas beaucoup attiré par les réalisateurs inconnus. Je ne vais voir que les nouvelles productions de cinéastes que je connais déjà. Ne suis-je attaché qu’à certains auteurs ? Ou bien suis-je déjà un homme du passé ? C’est bien possible. Il y a quelques années, j’ai fait partie de jury dans différents festivals à travers le monde. La plupart des films que j’ai visionnés adoptaient une technique narrative similaire (le flashback) sans puissance visuelle et des dialogues sans saveur. C’en était trop pour moi. J’en venais à me demander si je n’avais pas à faire à des films réalisés par des étudiants pour l’obtention de leur diplôme. On ne trouvait plus ni la liberté ni la puissance que doivent posséder les premières œuvres. Où est donc passé l’esprit de la Nouvelle Vague ?