Celui qui ne baisse pas les bras

Depuis qu’il s’est installé, M. Shimawaki ne cesse de multiplier les projets pour favoriser l’animation de la ville./ Ishinomaki Hibi Shimbun

A 27 ans, Shimawaki Yû a fait de l’information et du divertissement ses principaux chevaux de bataille.

C’est une ville qui ne cesse de bouger.” Depuis le séisme du 11 mars 2011, ce sentiment est partagé par de nombreux jeunes qui éprouvent le désir de venir s’installer à Ishinomaki et c’est le cas de Shimawaki Yû, originaire de Hachinohe, une ville située à environ 300 km au nord de la cité portuaire. Maîtrisant dans son travail, les techniques de la photographie et du design, il rédige des articles pour des sites Internet et des magazines gratuits. Il pense que “les adultes ne savent vraiment pas se distraire” et il voudrait leur dire que les citadins des grandes métropoles ne sont pas très doués non plus pour s’amuser.
Il est le cadet de quatre enfants dont le père, responsable commercial d’une librairie, ramenait plein de livres à la maison. Le manga de Yokoyama Mitsuteru, Sangoku-shi [Chroniques des trois royaumes], a été un déclic pour sa passion de la lecture. Dès son plus jeune âge, il jouait au football et au lycée professionnel, il adorait pratiquer la street dance avec ses amis. A la fin du lycée, sa famille lui a conseillé de travailler dans la Compagnie d’électricité du Tôhoku alors que ses professeurs le voyaient plutôt rejoindre NTT, l’opérateur de téléphonie pour lequel il a finalement opté. Et lorsqu’il quittait le boulot sans faire d’heures supplémentaires, c’était pour pratiquer la street dance !
Sur son premier lieu de travail à Fukushima, en uniforme de travail et casque sur la tête, il parcourait la ville, chargé de la maintenance des installations des réseaux de télécommunication. Le 11 mars 2011, il se trouvait à Tôkyô pour un séminaire de travail. Devant le choc provoqué par les images diffusées en boucle, il est resté plongé dans un immense désespoir. Tous les réseaux de communication étaient anéantis. C’est de retour qu’il a appris la catastrophe nucléaire à Fukushima Dai-ichi. Tout semblait au bord du gouffre. Il a parcouru toute la région plongée dans l’obscurité totale, avec un véhicule spécial équipé d’une batterie pour dépanner les gens dont les maisons étaient sans électricité. Il n’a toujours pas oublié les paroles d’un collègue. “Fukushima c’est fini !”. La “mort” s’approchait inexorablement.