Gastronomie : La tentation des îles

En dehors de Kagurazaka, Ritô Kitchen est aussi présent dans le quartier de Nihonbashi, à Tôkyô./ Sekiguchi Ryôko

A Tôkyô, un restaurant pas comme les autres permet de découvrir les saveurs des quelque 6 850 îles du pays.

L’archipel japonais compte 6 852 îles, dont environ 400 sont habitées, ayant une longueur de côte de plus de 100 mètres. Du nord au sud, il est des endroits qui possèdent chacun une histoire propre et des charmes irremplaçables.
Dans le quartier de Kagurazaka à Tôkyô, le restaurant,  Ritô Kitchen (La cuisine des îles lointaines), géré par l’agence de tourisme de l’île d’Ama dans la préfecture de Shimane, propose “les” cuisines des îles. On peut tout aussi bien y déguster un Merlot rouge de l’île Okushiri, au sud-ouest de Hokkaidô, que la pizza de “kusaya”, un poisson fermenté réputé pour son odeur inoubliable, de l’île Niijima, au sud de Shizuoka, ou encore les fritures de poulpes de l’île d’Awaji, à l’est de la mer Intérieure.
“Au début, le projet était de donner une énergie nouvelle à l’île d’Ama, et nous vendions juste les produits de l’île. Mais cette entreprise a vite pris de l’ampleur”, explique l’un de ses responsables. Rien qu’en ouvrant le menu, on peut être frappés par les noms de ces îles diverses et variées. “Le plat le plus original chez nous ? Ça serait le forfait de midi, le “shimameguri lunch” (menu “Tour des îles”), avec plusieurs petits mets venant de toute part. À Tôkyô, il existe bien des restaurants spécialisés sur une île, mais aucun lieu ne propose de déguster les cuisines “des îles””, ajoute-t-il.
“Nous cherchons non seulement à faire goûter les plats, mais aussi à raconter l’histoire qui va avec.” Ainsi, dans la liste des boissons, on trouve par exemple du “Gakkôgura” (brasserie de l’école), le saké de l’île de Sado, en face de la préfecture de Niigata, fabriqué dans une ancienne école reconvertie en brasserie, pour ne pas laisser le bâtiment à l’abandon et lui insuffler une vie nouvelle. Les assiettes utilisées dans ce restaurant viennent de l’île d’Oki, les verres d’Okinawa ou de Niijima.
L’équipe fait des allers-retours dans les îles et apprend à cuisiner les produits locaux avec les autochtones. Pour faire partager cette expérience, elle commence aussi à proposer un “Shimatabi” (voyage dans les îles). Il s’agit d’un voyage organisé, avec un départ en bateau de la baie de Tôkyô, et une visite des îles avec initiation à la cuisine locale. “Il y a des îles à 2 heures seulement de la capitale, que l’on peut visiter pour 6 000  yens (environ 50 euros), ce que les Tokyoïtes ignorent. Les “îles éloignées” ne le sont pas toujours, et l’objectif est de justement créer plusieurs ponts à travers la cuisine et les produits locaux”, raconte l’un des membres de l’équipe.
Par ailleurs, l’une des équipes a monté à titre personnel un évènement régulier dans un bar de Tôkyô : le “shimakataribi”(le jour où l’on parle des îles), où se réunissent les gens des îles et les amateurs, afin de les mettre en contact directement autour de mets locaux. La petite île d’Ama a par ailleurs réussi à faire revenir de la population, ce qui est un cas miraculeux, et tente de cette façon d’élargir les liens non seulement entre son île et les autres, mais entre toutes les petites îles.

Sekiguchi Ryôko

informations pratiques
Ritô Kitchen, 6-23 Kagurazaka, Shinjuku-ku, Tôkyô 162-0825. http://ritokitchen.com Il existe aussi deux autres restaurants à Sapporo et Fukuoka.