Goût : A Fukuroi, bien manger s’apprend

Grâce au programme établi par la municipalité, Suzuki Toshiyuki a vu augmenter sensiblement sa production. / Johann Fleuri pour Zoom Japon

Il est 10 h du matin, sur la petite exploitation de Suzuki Toshiyuki, 62 ans. Il y a dix ans, il a abandonné son poste de salarié en entreprise pour devenir agriculteur et produire des légumes comme le bok choy, chou de Chine, mais aussi les épinards ou sa variante japonaise, le komatsuna. Le bok choy est l’un des légumes phares de la production locale de la ville de Fukuroi, mais aussi des cuisines de la cantine centrale, l’un des plus importants clients du producteur agricole. A lui seul, il représente “un volume annuel de 10 à 12 tonnes”, se réjouit-il. “C’est un légume plutôt facile à cultiver, même en hiver, car il ne demande pas énormément de soins et pousse très bien sous serres.” Il peut être récolté une quarantaine de jours seulement après germination. Dans la terre et pour la culture de ses légumes, pas de produits chimiques, mais un fertilisant organique. Et pour les besoins en eau, Suzuki Toshiyoki a opté pour un arrosage qui reproduit la cadence d’une petite pluie fine, et qui s’écoule durant une petite heure quotidienne, sous la serre de plastique.
Près de ses jeunes pousses de chou, l’agriculteur a installé une petite table sur laquelle il a étalé des dessins et des mots d’encouragements et de remerciements tous confectionnés par les écoliers de l’établissement Kônan. “Ils viennent régulièrement visiter l’exploitation”, sourit-il. “Nous organisons aussi parfois des ateliers, dans l’exploitation, où je leur explique avec ma femme comment nous produisons les légumes. Il arrive aussi que les enfants nous invitent à venir partager leur déjeuner à l’école, ils sont vraiment mignons. J’ai quatre enfants et mes petits-enfants sont à la crèche ou en petite section à l’école. Alors c’est émouvant pour moi de voir ces petits s’intéresser à nos légumes”, confie-t-il. Il pensait arrêter l’agriculture à l’âge de 60 ans. Mais encouragé par les enfants, et “comme je suis en bonne santé, je me vois bien cultiver mes légumes, dans ces conditions, encore dix années de plus”.
Johann Fleuri