Expérience : Se fondre dans le paysage

Benjamin Parks pour Zoom Japon

 

A la suite d’un long séjour à l’étranger, l’avocat Yazawa Yutaka a dû réapprendre le Japon. Il apporte son témoignage.

Yazawa Yutaka est un avocat japonais formé au Royaume-Uni. Il a publié l’année dernière son premier livre Vivre le Japon dont la traduction française vient de paraître. Il s’agit d’une introduction intéressante à la vie au Japon, fournissant des informations sur la culture et la nourriture, les loisirs et les mœurs sociales. L’auteur, qui a passé plus de 20 ans de sa vie à l’étranger, se considère à la fois comme un initié et un étranger, et explique à la fois ce qu’il aime et ce qu’il trouve curieux à propos de son pays d’origine.

D’après votre livre, vous êtes originaire de Tôkyô.
Yazawa Yutaka : Oui, je suis né et j’ai grandi dans le quartier Katsushika, à l’est de la capitale. Beaucoup de Japonais le considèrent comme le symbole populaire, mais aujourd’hui, il ne ressemble plus au quartier de mon enfance. Tôkyô en perpétuel changement, sans égard pour la tradition, est toujours à la recherche de la nouveauté. C’est une jolie ville nouvelle puisqu’elle n’a été fondée qu’au XVIIe siècle et même beaucoup de ses habitants sont nouveaux. Bon nombre d’entre eux s’y sont installés en provenance de différentes régions du Japon au moment de leur entrée à l’université ou quand ils cherchaient un emploi. Ils y ont vécu sans racines pendant toutes ces années. Aussi, lorsqu’ils prennent leur retraite, ils réalisent que Tôkyô n’est pas leur véritable patrie, mais qu’ils ne peuvent pas en partir car il est trop tard.

Qu’en est-il de votre famille ?
Y. Y. : Elle vit dans ce quartier depuis neuf générations, depuis le début de la période d’Edo (1603-1868). Toutefois, depuis ma naissance en 1970, j’ai vu mon quartier, situé à l’origine dans une zone rurale, devenir une zone industrielle avant de se transformer en ville de banlieue remplie de centres commerciaux. Il y avait une usine à papier près de chez moi. Quand ils l’ont détruite, mon quartier a été submergé par un flot de souris qui y vivaient.