Débat : Un pays encore mal préparé

Avec le webzine Nippon Fukuzatsu Kikô, Mochizuki Hiroki s’intéresse au quotidien des immigrés.

D’après vous, que devraient faire les autorités pour éviter les erreurs du passé ?
M. H. : Elles devraient suivre l’exemple d’autres pays et mettre en place des infrastructures adéquates pour accueillir les immigrants sans laisser les choses au hasard. Comme je l’ai mentionné précédemment, la maîtrise de la langue joue un rôle essentiel dans leur intégration. En Allemagne, par exemple, les étrangers qui arrivent dans le pays doivent suivre un cours de langue de 400 à 600 heures. Mais le Japon ne fait rien pour résoudre ce problème. Il y a relativement peu d’écoles adaptées dans l’Archipel et les enseignants sont mal payés.
Le plus important est que le gouvernement cesse de penser en termes de résolution rapide des problèmes. Bien sûr, il faut remédier à la pénurie actuelle de main-d’œuvre, mais que deviennent ces personnes une fois leur journée de travail terminée et leur retour à la maison ? Comment peuvent-elles être intégrées dans la communauté ? Il est temps que les autorités cessent de prendre ces sujets à la légère et mettent en œuvre une politique à long terme.

Quoi qu’il arrive, il semble que la population étrangère au Japon va continuer à augmenter. Qu’en pensez-vous ?
M. H. : Cela suscite en moi deux réactions contrastées. D’un côté, j’entretiens une sorte de relation amour-haine avec mon pays. Ce que je veux dire, c’est qu’il y a beaucoup de bonnes choses au Japon, mais en même temps, je ne supporte pas notre société hiérarchique et la façon dont tout le monde est censé suivre les règles sans se poser de questions. Avant de devenir journaliste indépendant, j’ai changé de travail plusieurs fois simplement parce que je ne me voyais pas travailler dans un tel environnement. En ce sens, l’introduction de nouvelles idées et valeurs sociales et culturelles en provenance de l’étranger pourrait avoir un effet positif.
D’un autre côté, j’estime que l’immigration devrait être strictement contrôlée et gérée de manière appropriée si nous voulons éviter les mêmes problèmes que ceux rencontrés dans d’autres pays.

Propos recueillis par Jean Derome