Découverte : Un chef nippon sublime l’Asie

Dans son nouvel établissement, Sekine Taku propose une cuisine qui libère les goûts asiatiques. / Sekiguchi Ryôko pour Zoom Japon

Lancé par Sekine Taku, Cheval d’or devrait rapidement s’imposer comme une référence de la cuisine asiatique.

Si les chefs japonais de cuisine française ne sont plus une denrée rare, il est encore peu courant à Paris de s’asseoir à la table d’un chef du pays du Soleil-levant qui nous mitonnerait une cuisine d’ailleurs. Il y a bien le restaurant L’inconnu du chef Higaki qui propose une cuisine italienne et le nouveau menu du restaurant Spoon d’Alain Ducasse, réalisé par le chef de cuisine Shigeta Hisanobu et qui offre des plats “orientaux” de régions aussi vastes que l’Iran, l’Inde, le Liban ou encore le Maroc. Mais on peut dire que le nouveau restaurant de Sekine Taku, le Cheval d’or qui vient d’ouvrir ses portes dans le 19e arrondissement de Paris était plus qu’attendu. Le chef a créé un lieu familial, populaire, destiné à devenir la nouvelle “cantine franco-asiatique de haute qualité”.
Sekine Taku, chef hype du Dersou dans le 12e arrondissement, servait déjà dans son restaurant des plats asiatiques pour les déjeuners du week-end. Lui-même véritable passionné de cette cuisine depuis fort longtemps, il a régulièrement voyagé dans différentes villes d’Asie pour goûter et s’initier aux techniques des différentes cultures culinaires.
Alors, lorsqu’il a eu l’opportunité d’ouvrir un deuxième restaurant, inventer un lieu où il pourrait faire découvrir des plats hétéroclites s’est imposé à lui. On pourra tout aussi bien y goûter un poulet frit à la taïwanaise qu’un porc ibérique katsu, de la seiche crue, du jaune d’œuf assaisonné à douchi, ou humer l’odeur appétissante du riz gluant au poulet à la vapeur roulé dans des feuilles de bananier, et même terminer le repas avec un custard bao…
La scène culinaire asiatique à Paris a beaucoup changé ces dix dernières années grâce à la nouvelle génération de chefs qui ont ouvert des restaurants plus spécialisés (cuisines régionales, street food, nouilles faites maison…) et plus dans l’air du temps. Le choix s’est aussi élargi avec des chefs formés à la cuisine française et qui inaugurent des restaurants dont le style est plus proche de leur passion d’origine. Après avoir ouvert le restaurant Servan, une cuisine française avec une touche d’ailleurs, Tatiana et Katia Levha, d’une famille moitié philippine, ont conçu Double Dragon, un bouiboui chic où l’on sert des plats asiatiques, mais pleins de créativité comme le tofu frit ou le farci au comté filant. Sekine Taku appartient à ce nouveau souffle libérateur des goûts asiatiques. Certes les styles de cuisines sont mélangés, mais avec une motivation totalement différente de celle des restaurants “vaguement asiatiques” de la génération d’avant, qui alignaient leur image aux clichés gustatifs des Français. Ces nouvelles cuisines sont fraîches, saines, joyeuses. Ce brassage est le fruit du métissage, des voyages, de l’expression personnelle de chaque chef. On ne peut que souhaiter qu’il y ait de plus en plus de lieux de ce genre, loin de la prison de l’identité culinaire.
Sekiguchi Ryôko

informations pratiques
Cheval d’Or French Asian Table,
21, rue de la Villette 75019 Paris.
Déjeuner : jeudi-dimanche de 12 h à 14h30
Dîner : mercredi-dimanche de 19h30 à 23h
Cheval d’Or French Asian Table