La beauté sauvage de Sandankyô

Très bien préservées, les gorges de Sandankyô ont obtenu le statut de site pittoresque exceptionnel de niveau national en 1953. / Angeles Marin Cabello pour Zoom Japon

A moins d’une heure et demie de Hiroshima, les amateurs de paysages extraordinaires seront comblés.

Les fleurs de cerisier ont déjà tiré leur révérence, mais il y a encore de nombreuses raisons pour profiter de la beauté du Japon. Les températures remontent après un hiver long et plutôt rigoureux. Les cascades de glycines lilas ont remplacé les fleurs de cerisier avant d’être supplantées par les masses multicolores des azalées. C’est aussi le moment où le pays entre dans la nouvelle ère impériale Reiwa qui succède à l’ère Heisei (voir Zoom Japon n°89, avril 2019). Pour tous ceux qui vivent dans la région d’Hiroshima, les gorges de Sandankyô sont enfin ouvertes à la randonnée après avoir été enneigées pendant la majeure partie de l’hiver.
Il s’agit de l’un des sites naturels les plus spectaculaires de la préfecture de Hiroshima. Il figure parmi les lieux les plus fréquentés par les amateurs de randonnées. Son sentier de 13 kilomètres suit la rivière Shiwagi, un affluent de la rivière Ôta, à travers un paysage primitif de falaises abruptes, de forêts denses et de cascades. Le nom Sandankyô signifie “gorge d’eau à trois niveaux”. Ce merveilleux endroit ne se trouve qu’à 70 kilomètres au nord-ouest de la ville de Hiroshima. Il peut donc faire l’objet d’une excursion d’une journée.
Pourtant, presque personne ne connaissait l’existence de Sandankyô jusqu’en 1910, année où le photographe Kuma Nanpô le découvrit et présenta le site au reste du monde. Depuis lors, il est resté en grande partie intact. Cela tient à la protection dont il bénéficie au sein du parc quasi national de Nishi Chûgoku Sanchi, ainsi qu’à son statut de site pittoresque exceptionnel de niveau national obtenu en 1953. Les gorges de Sandankyô sont l’un des six lieux de ce type à avoir obtenu cette distinction décernée par le gouvernement japonais. Les guides touristiques comme le fameux Guide Bleu français lui a attribué sa plus haute distinction, soit trois étoiles, au même titre que les deux sites du patrimoine mondial de Hiroshima, Miyajima et le dôme de la bombe atomique.
Il n’y a pas de meilleure saison pour s’y rendre. Chacune possède un attrait particulier. Le printemps montre à quel point la terre peut être exubérante, alors que la saison estivale se révèle fraîche et rafraîchissante avec quelques degrés de moins que dans la ville étouffante. En automne, c’est un véritable spectacle qui s’offre aux visiteurs, car les arbres revêtent leurs fabuleux costumes de feuilles rouges, jaunes et dorées. A cette période, les autocars déversent des centaines de curieux qui s’engouffrent dans un étroit sentier.
Au printemps, l’atmosphère est beaucoup plus détendue. Vous pouvez même apercevoir la légendaire salamandre géante japonaise. Cet amphibien autochtone peut atteindre 1,5 mètre de long, ce qui en fait la deuxième plus grande salamandre au monde. Elle adore traîner dans des eaux rapides comme celles des gorges de Sandankyô.
Si vous venez en voiture depuis Hiroshima, prenez le temps de faire un petit détour pour aller voir les rizières en terrasse d’Ini Tanada. Elles se trouvent dans la région pittoresque d’Akiôta, comme les gorges de Sandankyô. Ini Tanada fait officiellement partie des 100 meilleures rizières du Japon. Le site américain CNN Travel le considère comme l’un des 36 plus beaux endroits du Japon. Vous verrez plus de 320 rizières en terrasse, creusées dans la colline et irriguées uniquement par l’eau de montagne. Le mur de pierre le plus ancien aurait plus de 500 ans et remonterait à la période Muromachi (1336-1573). Même si vous vous y rendez hors saison lorsque les rizières ne sont pas recouvertes par les épis, il est vraiment fascinant d’observer les contours des murs qui s’enroulent autour de la montagne.