Pour la nature, il faut Oze

La flore évolue en fonction des saisons. / Johann Fleuri pour Zoom Japon

Deux générations ont suivi Chôzô, à savoir Chôei et Chôsei, respectivement grand-père et père de Tarô qui représente la quatrième génération. Chôei, “mon grand-père était un homme très doux, très gentil, explique-t-il. Il aimait lire et écrire de la poésie.” Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a rejoint l’armée et le refuge de montagne a périclité. Après la mode de la randonnée, c’est dans les années 1970 que le parc d’Oze a dû faire face à sa plus grande menace : un projet de construction d’une route qui aurait balafré le paysage. Son père s’est mobilisé et a publié un article dans lequel il notait qu’il “est si douloureux de voir Mère Nature être détruite devant mes yeux”. L’association pour la conservation d’Oze a été fondée peu après, achevant le processus de préservation (www.oze-fnd.or.jp/en/).
Chôsei est brutalement décédé à l’âge de 36 ans, laissant sa femme, Noriko, prendre la relève en attendant que l’un de ses trois enfants soit prêt à lui succéder. “J’étais petit lorsque mon père est mort, je ne me souviens pas vraiment de lui. Lorsque j’étais plus jeune, j’ai fait des études d’ingénierie à Hokkaidô où je me suis spécialisé dans le traitement des eaux. J’ai aussi vécu deux ans en Afrique dans le cadre d’une mission professionnelle”, raconte Hirano Tarô. Puis, “je dois avouer que j’ai ressenti une certaine pression pour que je reprenne l’affaire : mon héritage familial est étroitement lié au bien-être d’Oze”, sourit-il. Plus de vingt ans après avoir repris la responsabilité des refuges et auberges familiaux, il garde le même plaisir à vivre à proximité du parc et du mont Hiuchi qu’il a escaladé à deux reprises. “Oze est un lieu que j’aime avec toujours autant de passion”, assure-t-il.

Johann Fleuri

Pour s’y rendre
AU départ de SHINJUKU, un bus direct vous emmène jusqu’à Tokura ou Oshimizu (compter environ 4 heures). C’est le moyen de transport le plus simple pour se rendre au parc. Il ne circule qu’entre la mi-mai et la mi-octobre. A partir de Tokura, il est nécessaire de prendre un autre bus pour rejoindre Hatomachitôge qui est la porte d’accès vers les marais d’Ozegahara (45 minutes). L’entrée du parc est accessible à pied depuis Oshimizu : on entre à Oze par le lac d’Ozenuma, où se trouve également le refuge Chôzôgoya. http://global.kan-etsu.net/en/express/oze.html
AU départ de la gare de Tôkyô, par le shinkansen jusqu’à Jômô-kôgen puis prendre le bus. En hiver, des stations de ski sont également ouvertes pour les amateurs de sports d’hiver.