Découverte : Les trésors de l’île de Sado

Shukunegi fut l’un des endroits où se concentrait la richesse de l’île. Aujourd’hui, le village est déserté. / Eric Rechsteiner pour Zoom Japon


De nos jours, Ogi est une petite ville tranquille une bonne partie de l’année. Le sanctuaire Kisaki est l’un des rares vestiges de l’époque ancienne. Il a été construit pour prier pour des conditions de navigation favorables, et c’est ici que l’or et l’argent étaient stockés avant d’être embarqués sur les navires à destination de Honshû.
Le dernier objectif de mon séjour était Shukunegi, un village autrefois animé faisant face à une petite crique à quelques kilomètres à l’ouest d’Ogi. De nombreux agents maritimes vivaient ici, et Shukunegi disposait, disait-on alors, d’un tiers de la richesse totale de Sado. Aujourd’hui, c’est une sorte de ville fantôme (seules trois maisons sont ouvertes au public). Le spectacle est fascinant à voir, avec plus de 100 maisons sur un hectare de terrain. Les murs battus par les intempéries ont été construits à partir de planches de navires et toute la zone a été désignée zone de préservation nationale importante pour ses bâtiments et son architecture traditionnels.
En attendant le ferry pour Niigata, je me suis arrêté dans un petit restaurant de râmen (voir Zoom Japon n° 26, décembre 2012) niché dans une ruelle. Nakamura-san, la propriétaire d’une soixantaine d’années, semblait assez satisfaite de sa vie. La boutique elle-même a été ouverte par sa grand-mère il y a environ 50 ans. “J’ai déménagé à Tôkyô peu de temps après la fin de mes études secondaires, mais au bout de quelques années, j’ai dû retourner à Sado et j’y suis restée depuis”, raconte-t-elle. Si elle est revenue sur sa terre natale, beaucoup d’autres ont définitivement quitté l’île. Selon elle, il y a 20 à 30 ans, 100 000 personnes vivaient encore sur l’île de Sado. Il en reste aujourd’hui moins de 53 000.
Une volée de mouettes a escorté le ferry hors du port de Ryôtsu. J’ai continué à regarder l’île sous le soleil mourant, me promettant que j’y reviendrai.

J. D.