Tourisme : Tsubame-Sanjô veut y croire

Comme d’autres cités de province, Tsubame-Sanjô souffre terriblement du déficit démographique / Florent Gorges.

Même si elle ne dispose pas des atouts des grandes cités de l’Archipel, la petite ville ne manque pas d’idées pour attirer les visiteurs.

Si Tôkyô et les plus grandes cités du Japon ne semblent pas, à priori, souffrir du dépeuplement massif qui touche actuellement le pays, il n’en va pas de même dans les régions rurales. Les faits sont là et le constat est implacable : d’innombrables villages et petites villes de province sont en train de mourir à petits feux sur l’ensemble du territoire national. La ville de Sanjô (jouxtée à la ville de Tsubame), située à une soixantaine de kilomètres de la tentaculaire ville de Niigata, fait partie de ces endroits autrefois prospères mais devenus en moins de vingt ans des “shutter gaï”. L’image derrière cette formule est puissante : “ville rideau de fer”. Autrement dit, l’expression, qui fait écho aux shoten gai (quartier commerçant), poumons des cités du pays, désigne ces centres-villes où l’on trouve désormais davantage de magasins aux rideaux fermés que levés. Une simple balade dans le centre-ville de Sanjô – autrefois très animé – a de quoi rendre dépressif le plus joyeux des touristes. Sanjô a tous les symptômes de la ville fantôme, alors que la mairie a récemment recensé près de 100 000 habitants. Quand on s’éloigne un peu du centre, l’impression de désert s’intensifie encore davantage. Les maisons abandonnées, après le décès de leurs propriétaires, se comptent par dizaines. Où sont les gens ? Où est passée la jeunesse de Sanjô ? “Ils sont tous dans le Kansai (région d’Ôsaka) ou dans le Kantô (région de Tôkyô)”, précise un vieil homme étonné de voir un étranger se balader dans le coin…