Tout le monde peut entrer dans la danse et s’amuser à Gujô

De la mi-juillet au début de septembre, la ville prend des airs de discothèque en plein air. Chacun peut y participer.

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Installés sur un kiosque mobile, les musiciens donnent le rythme et entraînent la foule dans des danses endiablées. © Gujohachiman Sangyoshinkokosha

Située au centre du Japon, à environ 200 kilomètres de Tokyo, Gujô Hachiman, incorporée dans la villle de Gujô en 2006, se transforme en discothèque en plein air pendant tout l’été. De la mi-juillet jusqu’au début du mois de septembre, la ville organise trente-deux nuits de fête dans des quartiers différents. Classée comme Patrimoine culturel immatériel de premier rang, Gujô Odori (danse de Gujô) attire les amateurs de danses folkloriques. C’est une danse participative. Autour du kiosque ambulant sur lequel les musiciens de l’Association de promotion de la Danse de Gujô jouent de la musique en live, n’importe qui peut entrer dans les cercles de danse. En yukata [kimono en coton] ou en jeans, les habitants ou les touristes de passage, tout le monde s’y mêle. La Gujô Odori est constituée de dix danses. Chaque danse a sa mélodie et sa chorégraphie. Les danses lentes et rapides sont alternées. Les pas de geta [sandales en bois] marquent le rythme comme des claquettes.
Le moment le plus fort est la période d’Obon entre le 13 et le 16 août.  On danse toute la nuit ! La ville devient alors une vraie discothèque à ciel ouvert avec l’interdiction totale des véhicules dans le centre de la ville. Obon est une période religieuse où les Japonais reçoivent les âmes des ancêtres chez eux. Dans certaines régions, l’accueil et l’envoi des âmes sont accompagnés de danses. Gujô Odori fait partie de cette catégorie de Bon Odori (danse pratiquée pendant Obon) et cela, depuis quatre cents ans, à Gujô Hachiman.
C’était aussi une danse pour la réconciliation et la cohésion sociale. Au XVIIIe siècle, une révolte de paysans a eu lieu dans la région. Une des plus importantes de la période Edo et la seule qui a conduit au renversement du gouverneur et du gouvernement shogunal. A la fin de la révolte, les responsables ont été condamnés à la peine de mort. Les combats et la fin tragique des meneurs ont accentué la fracture entre la classe des samouraïs et celle des paysans. Le nouveau gouverneur a alors invité les habitants à danser ensemble pour oublier les différences de classes sociales. La chanson la plus longue de la danse de Gujô, Yacchiku, raconte l’histoire de cette révolte.
Hanyu Noriko

Pratique :
L’Office du tourisme offre aux 100 premiers lecteurs venus un tenugui (serviette en coton) de motif de danse. Pour le recevoir, dites Zoom Japon aux hôtesses d’accueil. Pendant les fêtes d’Obon, les hôtels sont complets.
La ville ouvre la porte d’un centre de quartier toute la nuit pour que les touristes sans hébergement puissent s’y reposer. Se renseigner à l’Office du tourisme sur la location de yukata et de geta.
http://gujohachiman.com/kanko/index_e.htm