L’avenir se joue à l’école

L’école fondée par le cinéaste Imamura Shôhei rêve d’influencer la société.

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La façade de la nouvelle Université du cinéma japonais. ©Nihon Eiga Daigaku

C’est en 1975 que l’Ecole du cinéma japonais (Nihon eiga gakkô) a été fondée à Yokohama par Imamura Shôhei, Palme d’or à Cannes en 1983 et 1997, dans le but de former de nouvelles générations de cinéastes. Le 1er avril 2011, l’établissement a changé d’appellation et s’est transformé en Université du cinéma japonais (Nihon eiga daigaku). “Ce changement de statut avait été souhaité par Imamura, mais il avait jugé que ce n’était pas encore le bon moment. Aujourd’hui, les conditions sont réunies et nous avons décidé de le faire”, explique le critique Takahashi Seori qui la codirige avec Satô Tadao connu en France pour son Histoire du cinéma japonais [Editions Centre Georges Pompidou, 1997]. Il rappelle que plusieurs grands noms du 7ème Art sont passés par cette école comme Miike Takashi ou Motohiro Katsuyuki, “sans oublier le romancier Abe Kazushige qui a été récompensé par le prix Akutagawa [l’équivalent du Goncourt au Japon]”, ajoute-t-il avec une pointe de fierté. Il ne s’agit pas de former uniquement des techniciens du cinéma, mais de contribuer à la formation d’individus capables de comprendre les enjeux du cinéma. “Cette université a trois caractéristiques. La première est qu’on y étudie à la fois la théorie et la production cinématographiques. On forme les futures générations de critiques et de réalisateurs. Ensuite, nous entendons nous positionner en tant que centre de recherche sur le cinéma asiatique. Enfin, nous souhaitons profiter de la force d’attractivité du cinéma pour participer à la dynamisation des régions au Japon”, poursuit Takahashi Seori. Il est persuadé que le cinéma, malgré les changements intervenus ces dernières années, conserve un potentiel important pour influencer la société. “Je crois que nous devons insister sur les aspects qui ont fait la renommée du cinéma japonais comme son esthétique et son rapport à la nature qui ont attiré les regards du monde entier”, confirme-t-il. “Comme vous le savez, le Japon traverse une situation extrêment difficile depuis le séisme du 11 mars. Malgré cela, je suis persuadé que nous parviendrons à reconstruire une société encore plus belle que par le passé.  Le cinéma y contribuera. La culture japonaise a toujours mis en avant l’harmonie avec la nature et abordé la question de la sensibilité à son égard. Le cinéma peut contribuer au débat. Le temps est venu pour le cinéma de s’investir encore davantage dans la société, en y apportant sa propre sensibilité et ses propositions.”
Gabriel Bernard