Être ou ne pas être une vraie Parisienne

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Comme je l’ai écrit dans le numéro précédent, je rêvais d’avoir une voiture automatique en France. Et … mon mari l’a fait ! Je vais bientôt conduire comme un poisson dans l’eau, ou plutôt comme une Parisienne au volant ! Devenir Parisienne, c’est un objectif fondamental qui me faisait rêver. La Parisienne est chic, élégante, artistique, intellectuelle et indépendante. C’était l’image que j’en avais au Japon. Mes amis japonais m’avaient surnommée « La Parisienne ! » après un séjour de 3 ans en France dans les années 90. Mais je n’étais pas encore à la hauteur, je le savais. Quelques années plus tard lorsque je me suis réinstallée à Paris et que j’ai revu mes anciens amis parisiens, j’étais très heureuse de les entendre dire « Alors ? Tu es maintenant Parisienne ? ». J’ai senti qu’il y avait une porte qui s’ouvrait devant moi. Je profitais pleinement de ma nouvelle vie parisienne en traversant tous les jours cette ville pour les rejoindre. Je devais aussi assurer mon entrée à l’université et faire des petits boulots. Tout cela me prenait mon temps libre. Lorsque j’ai revu mes amis au bout de 6 mois, ils m’ont dit « Alors ? Tu es devenue une vraie Parisienne ? ». J’étais assez fière de sentir un certain niveau de “parisianité”. Depuis que je travaille en tant que salariée, je n’ai plus le courage de sortir et ça m’arrive de ne pas voir ces amis pendant plus d’un an. Mon excuse est toujours que « le temps passe trop vite ». Quelle honte ! « C’est la vie des Parisiens », m’assurent-ils. Je crois que j’ai bien compris l’autre sens de “Parisienne”…. à un niveau très élevé. Cependant je ne peux pas encore confirmer l’obtention de mon diplôme de Parisienne, car je passe mon temps au travail en y sacrifiant ma vie privée… En ce sens, je suis sans doute encore une vraie Japonaise. En 2012, pour devenir une véritable parisienne, je me promets de quitter le bureau à l’heure ! Quoi qu’il arrive ! Et pour commencer, je vais quitter Paris ce Noël (en voiture automatique, bien entendu !).
Koga Ritsuko