Appellation d’origine contrôlée

poupee-japon

Je rêvais d’avoir un prénom facile à faire retenir internationalement et que l’on utiliserait au quotidien comme Léa, Maya ou encore Lily ! Au Japon, si on appelle quelqu’un par son prénom, il vaut mieux qu’il n’y ait que deux voyelles pour la jolie résonance en raison de l’ajout d’un suffixe “chan” ou  “kun” (uniquement pour les garçons) comme marque d’affection. Ainsi le mien « Ritsuko-chan » est trop long, et pour me désigner « Ritsuko » tout court, la personne doit être vraiment proche. De plus, mon prénom signifiant un enfant discipliné est assez lourd et froid, en outre un prénom finissant par « ko » est démodé. Ainsi dans ma famille, on m’appelle « Rikko », « Rittchan » pour beaucoup ou « Koga-chan », un nom idéal comme un prénom…. mais je trouve ce dernier vraiment pas sexy !
En France, on m’appelle naturellement par mon prénom. Au début quand les garçons m’appelaient, j’avais l’impression qu’ils avaient tous une relation intime avec moi et cela m’a plu. Par contre, j’ai bien compris qu’il n’était pas facile pour les Français de retenir mon prénom. Heureusement que l’on m’a trouvé une clé “Ah ! Ritsuko est comme l’abréviation de Rita Mitsouko !”. Cependant, petit à petit “Ritsuko” a fini par résonner en moi comme une désignation sérieuse. Aujourd’hui, les personnes proches avec qui je partage le quotidien m’appellent “Ritsu”. Voilà ! J’ai enfin un surnom qui me ressemble !
En revanche, appeler tout le monde par son prénom me met parfois mal à l’aise. Par exemple, ça ne se fait pas pour moi de désigner mes beaux parents juste par leur prénom. Ce n’est pas par manque d’affection, au contraire. Je veux qu’il y ait une appellation commune comme en japonais “Okâsan” pour (belle)-mère et “Otôsan” pour (beau)-père. Quand j’y pense, je me demande si « qui naquit japonaise court après la politesse nippone ? ». Alors on me dit : “Ne te casse pas la tête Ritsu !”
Koga Ritsuko