Voilà les lumières de Paris !

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Depuis mon enfance, je rêvais de me promener sur les pavés éclairés par des lampadaires comme on le voit dans beaucoup de films français. Mon destin m’emmena à Paris en 1989. Il était très tôt le matin, par le hublot je regardais depuis le ciel la ville de Paris. Je me souviens qu’à ce moment-là, je m’étais écrié intérieurement : “Mes ailes ! Voilà les lumières de Paris !”, en me souvenant de la traduction japonaise du film L’Odyssée de Charles Lindbergh. Arrivée en ville, j’ai découvert ces lampadaires parisiens dont je rêvais et qui éclairaient l’aube urbain d’une lueur jaune comme s’ils essayaient de ne pas déranger les habitants. Quel contraste lorsqu’on connaît Tôkyô où les enseignes diffusent 24h sur 24h de violentes lumières blanches.
Tout en étant consciente que c’est peut-être à cause de leurs factures d’électricité et pas forcement pour protéger la planète, j’ai l’impression que beaucoup de Français sont très attentifs aux lumières à leur domicile. Leurs éclairages sont réglés au minimum et ils ne les laissent jamais allumer inutilement. Je trouve ça admirable. Pourtant il m’arrive souvent d’oublier de les éteindre car elles sont tellement faibles que je ne les vois plus allumée au bout d’un certain temps. “Tu n’as pas éteint la lumière ! On paye pour rien !” Je n’échappe guère à ce genre de remarques. C’est vrai, mais je suis certaine que les Français ont un attachement particulier à l’égard de la lumière électrique. Et de plus dans ce pays où l’assistance électronique est rare, on installe des minuteries dans les escaliers. D’ailleurs, cela surprend beaucoup les touristes japonais qui ne s’attendent pas à rencontrer ce système dès le 2ème étage.
Grâce à ces économies d’électricité, mes yeux se sont habitués à une luminosité plus faible et lorsque je suis retournée au Japon l’été dernier, je n’ai pas été choquée par les économies d’énergie liées à l’arrêt des centrales nucléaires. Tôkyô que les Japonais trouvaient sombre était à mes yeux encore bien éclairé. Je me demande si Tôkyô ressemblera à Paris en 2030 du point de vue de sa luminosité.