Ishinomaki, la renaissance

En collaboration avec l’Ishinomaki Hibi Shimbun, Zoom Japon va suivre la reconstruction de la cité portuaire.

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Novembre 2013. Les zones balayées par le tsunami n’ont toujours pas été reconstruites. ©Gabriel Bernard

Ishinomaki avant et après :
1er mars 2011
160 394 habitants
60 928 foyers
11 mars 2011
3170 morts
759 disparus
1438 réfugiés
50 centres de réfugiés
22 419 bâtiments détruits
1er janvier 2014
150 966 habitants
59 473 foyers

 

Le 11 mars 2011, la cité portuaire d’Ishinomaki a subi, comme d’autres villes de la côte nord-est de l’archipel, un impressionnant séisme suivi d’un non moins terrible tsunami qui a tout balayé sur son passage, détruisant des milliers de maisons, emportant des milliers de vies. Particulièrement exposée, Ishinomaki a payé un lourd tribut à la colère des éléments. C’est dans cette ville qu’un journal, l’Ishinomaki Hibi Shimbun, lui aussi sinistré, n’a pas pour autant abandonné sa mission d’informer les survivants. Privée de ses rotatives, la petite équipe de ce quotidien dirigé par Ômi Kôichi a continué à informer, en réalisant chaque matin des journaux muraux écrits à la main et placardés dans les centres de réfugiés et les lieux de passage. Pendant une semaine, il a donné des informations sur l’état de la ville, l’organisation des secours tout en encourageant les habitants à garder l’espoir. Cet engagement exemplaire de l’Ishinomaki Hibi Shimbun,  a été pour Zoom Japon une très grande leçon de journalisme et de courage. Depuis trois ans, nous collaborons régulièrement avec ce journal pour lui manifester notre soutien et notre admiration. En 2012, nous avons exposé les désormais célèbres journaux muraux au Musée Guimet à Paris, en invitant la rédactrice en chef Hirai Michiko à venir raconter son expérience. En 2013, nous avons réalisé ensemble le supplément trilingue Les 50 qui font le Japon de demain (disponible en ligne sur notre site) dans lequel l’équipe de l’Ishinomaki Hibi Shimbun, a présenté 10 personnalités issues des régions sinistrées. En 2014, trois ans après la catastrophe, nous entamons une nouvelle collaboration avec le quotidien d’Ishinomaki. Désireux d’avoir le regard tourné vers l’avenir tout en restant attentifs à la situation réelle dans la ville, nous avons décidé d’ouvrir nos colonnes à l’Ishinomaki Hibi Shimbun,  qui nous présentera chaque mois, sous la forme d’une série, la reconstruction de la cité portuaire. Une opération qui prendra des formes diverses, mais qui témoignera de la vitalité d’une population qui souhaite retrouver une vie normale. L’idée est de pouvoir faire partager aux lecteurs de Zoom Japon le quotidien des habitants de façon la plus directe possible afin que nous prenions la mesure de l’immense chantier que cela représente. En accordant cet espace d’expression à nos confrères de l’Ishinomaki Hibi Shimbun, nous souhaitons  les accompagner, à notre manière, à leur propre reconstruction. Depuis les événements du 11 mars, le journal s’est beaucoup investi dans la ville, en créant notamment le Newsée, un lieu de rencontre où les habitants peuvent se réunir, assister à des concerts, voir des expositions, manger, boire un verre. Le fondement même de la renaissance d’une ville meurtrie. Nous espérons que vous serez attentifs à cette série à laquelle nous n’avons pas fixé de fin et qui durera le temps qu’il faudra pour soutenir une ville et un journal qui en ont bien besoin.
Gabriel Bernard

 

logo-ishinomakiDans les mois qui ont suivi le séisme du 11 mars, l’équipe de l’Ishinomaki Hibi Shimbun avait placardé sur la fenêtre principale de la façade de leur journal une calligraphie sur laquelle on pouvait lire Ganbarô Ishinomaki (Courage Ishinomaki). Trois ans plus tard, une autre calligraphie Fukkatsu Ishinomaki (La renaissance d’Ishinomaki) l’a remplacée. Un message d’espoir. Si vous voulez aider ce quotidien, vous pouvez vous abonner à sa version électronique pour 1000 yens (7 euros) par mois : https://newsmediastand.com/nms/N0120.do?command=enter&mediaId=2301