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Série : Ishinomaki à la pêche aux jeunes

Pour inciter les plus jeunes à se lancer dans les métiers de la pêche, la municipalité prend des initiatives.

Le Centre Triton Oshika a vu le jour après la rénovation d’une vieille maison bâtie il y a 50 ans. CR : Ishinomaki Hibi Shimbun
Le Centre Triton Oshika a vu le jour après la rénovation d’une vieille maison bâtie il y a 50 ans. CR : Ishinomaki Hibi Shimbun

Dans le secteur agricole, le Japon souffre gravement d’une crise de candidats. Si le littoral de Sanriku dans la région d’Ishinomaki a connu son heure de gloire grâce à la pêche, depuis plusieurs décennies, les demandeurs d’emploi se font rares pour ce genre de travail considéré comme dur. Avec le séisme qui a détruit toutes les installations, les vieux pêcheurs n’ont pas repris leurs pénibles activités. Partout dans la région, la vie sur le littoral n’est plus très gaie. C’est pourquoi la municipalité d’Ishinomaki a décidé de créer Triton Oshika, un centre d’accueil pour les jeunes pêcheurs, dans le quartier d’Oginohama, dans la péninsule d’Oshika, afin de leur donner le plaisir d’aller travailler en mer. Il a été inauguré le 27 avril. La ville a confié l’administration de cet établissement au syndicat de pêcheurs de la préfecture et à l’association Fisherman Japan. C’est cette dernière qui a monté le Triton Project dont le but est d’attirer de nouveaux candidats dans l’industrie de la pêche. Avec Triton Oshika et des jeunes venus de tout le pays, ils essaient de revitaliser le littoral.
Le bâtiment qui date d’une cinquantaine d’années a été rénové. D’une surface totale de 140m2, la bâtisse est construite en bois sur deux étages. Elle sera utilisée pour des séjours de courte et moyenne durée : 4 chambres pour des séjours de plus d’un mois, et une chambre pour des séjours de courte durée. Au total, elle peut accueillir huit personnes et dispose d’une terrasse en bois.
Dans cette région maritime, dévastée par le séisme, on ne pouvait pas envisager que des gens originaires d’autres villes acceptent de venir travailler, malgré les aides à la reconstruction, sans pouvoir être logées. Grâce à la maison Triton Oshika, cette question est réglée. Son utilisation restera très flexible soit en acceptant des travailleurs saisonniers pour différents types de pêche, ou bien accueillant des stagiaires de lycées techniques de la pêche. Une salle commune sera ouverte pour organiser des réunions entre les habitants et les jeunes.
A l’initiative de l’association Fisherman Japan, sous la présidence d’Abe Shôta, des maisons de ce type ont déjà été rénovées. Depuis juillet 2015, elle a ouvert trois maisons dans les quartiers de Kitakamichô, Onagawa-chô et Minamisanriku-chô. Quatre personnes résident dans ces maisons. A présent, comme le projet est monté avec le soutien de la ville d’Ishinomaki, les moyens de communication sont plus nombreux notamment au niveau des quartiers concernés eux-mêmes que vers l’extérieur. Avec la participation du syndicat des pêcheurs qui connaît bien les besoins de chaque port de pêche et qui jouit d’une certaine autorité, les projets peuvent se réaliser plus efficacement. La collaboration triangulaire entre la municipalité, le syndicat et l’association permet ainsi d’offrir des opportunités pour les jeunes qui souhaiteraient se familiariser aux métiers de la pêche. Elle permet également de donner une meilleure image de la pêche. Ainsi, ce projet constitue un cas exemplaire pour résoudre le problème du manque de jeunes pêcheurs qui est un problème national.

Les jeunes utilisent ce centre comme un lieu de rencontre pour se familiariser avec la vie des pêcheurs (CR : Ishinomaki Hibi Shimbun)
Les jeunes utilisent ce centre comme un lieu de rencontre pour se familiariser avec la vie des pêcheurs (CR : Ishinomaki Hibi Shimbun)

Le 27 avril, lors de la cérémonie d’inauguration, les habitants d’Ishinomaki sont venus aussi pour fêter cet événement. Selon le responsable municipal de la pêche, “un tel centre peut être considéré comme un projet novateur et nous nous efforcerons de répondre à tous ceux qui s’intéressent à la pêche.” “La pêche constitue un lien pour nous tous. Pour que notre région revive, nous souhaitons répondre aux besoins de chacun de vous”, ajoute pour sa part Abe Shota, président de Fisherman Japan.
Depuis le mois d’avril, Triton Oshika héberge un jeune homme de 21 ans originaire de Hachinohe, ville située dans la préfecture d’Aomori. Il effectue un stage de pêche. “Le travail n’est pas si dur qu’on le dit. C’est même plutôt très amusant. Les gens sur le bateau sont très cool. Et dans cette maison, je peux aussi tisser des liens avec les habitants du quartier”, raconte-t-il sur un ton très enjoué. En mai, une autre personne venant de la préfecture de Shiga, sur l’île de Kyûshû, s’est aussi installée dans cette maison. La ville projette de créer un autre centre de ce type d’ici un an après avoir recensé les maisons vacantes et la situation de chaque quartier. Les responsables municipaux ont bien l’intention de poursuivre ce projet dans les années à venir.
A cause de l’arrêt de nombreuses activités et le départ de nombreux habitants après le séisme, le nombre de pêcheurs présents à Ishinomaki en 2013 s’élevait à 2 107, soit une baisse de 37 % par rapport à 2010. La moitié des pêcheurs sont âgés de plus de 55 ans. Le problème de la relève est donc particulièrement crucial. Pour le résoudre, la ville utilise l’aide de l’Etat pour la rénovation des régions, et soutient le financement de divers projets issus du secteur privé.
Abe Tatsuhito