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    Accueil » Actu » Ouverture : Un trait d’union nommé Bigot
    Du Japonisme aux Japonismes

    Ouverture : Un trait d’union nommé Bigot

    Par Rédaction Web26/07/2018
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    Parution dans le n°82 (juillet 2018)

    Ma-ta est le troisième album d’eaux-fortes que Georges Bigot fait paraître en 1884. / collection Christan Polak

    Presque oublié en France, l’artiste reste vénéré dans l’Archipel où son regard sur la société locale a beaucoup marqué.

    De tous les Français du Japon, Georges Ferdinand Bigot (1860-1927), peintre-aquarelliste, graveur sur cuivre, illustrateur, caricaturiste, correspondant de guerre, photographe, éditeur et humoriste, reste encore de nos jours l’une des rares personnalités étrangères présentes dans l’histoire officielle de l’Archipel. Par son indépendance d’esprit, son œuvre représente un témoignage incontournable sur le Japon de l’ère Meiji qui fête ses 150 ans.
    Georges Ferdinand Bigot est né le 7 avril 1860 à Paris. Il entre à douze ans, à l’École des Beaux-Arts de Paris où il apprend le dessin avec pour premier maître Jean-Léon Gérôme (1824-1904) ; puis il passe dans l’atelier de Carolus Duran (1837-1917). Bigot rencontre Félix Buhot (1847-1898) qui lui enseigne les techniques de l’eau-forte et de la pointe sèche. Il est introduit au gré des présentations dans les cercles japonisants parisiens ; son intérêt pour le Japon grandit.
    Bigot décide en 1881 de partir au pays de ses rêves pour y apprendre notamment la gravure sur bois rendue célèbre par les ukiyo-e ou estampes sur bois, “images du monde flottant”. Il travaille sans relâche afin de pouvoir payer son voyage.
    Il s’embarque de Marseille pour le Japon le 11 décembre 1881 et arrive le 26 janvier 1882 à Yokohama. Il suit des cours de peinture traditionnelle (sumi-e et sansui) et de gravure sur bois, et trouve du travail à l’École militaire à Ichigaya, où il enseigne, à partir du 15 octobre 1882, l’aquarelle et le dessin aux élèves officiers pendant deux ans. Il s’initie à la musique japonaise, apprend à jouer du shamisen, sorte de luth japonais et s’intéresse au théâtre kabuki.
    L’Empire du Japon s’est lancé dans une course effrénée de rattrapage des puissances occidentales sur tous les plans, industriel notamment. Le Japon traditionnel disparaît lentement et irrémédiablement, et c’est justement à ce Japon évanescent que l’artiste va désormais s’intéresser et se passionner.
    Entre 1883 et 1886, Bigot revient à l’art de la gravure occidentale pour mettre en valeur ce Japon traditionnel. Il publie quatre splendides albums d’eaux-fortes : Asa et O-ha-yo en 1883, Ma-ta en 1884 et Croquis Japonais en 1886. il contribue au renouvellement de la gravure au Japon en introduisant de nouvelles techniques comme le crayon lithographique, l’eau-forte et la pointe sèche.
    Bigot nous a laissé aussi de nombreuses aquarelles, des pastels, gouaches, peintures à l’huile, dessins à l’encre, études au crayon et des gravures sur cuivre, toujours sur le Japon traditionnel, sans oublier ses paysages et ses personnages de rues. Il signe de son sceau japonais “Bigo”, formé des deux idéogrammes bi (美), “beau”, et go (好), “aimer”, c’est-à-dire, “celui qui aime la beauté”.

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